La Chine arrête un éditeur avant la parution d'un livre dissident

Nicolas Gary - 21.01.2014

Edition - International - Hong-Kong - éditeur - auteur dissident


Un éditeur de Hong Kong, qui allait diffuser un livre dissident sur le président chinois Xi Jinping, a été arrêté voilà trois mois, apprend-on de l'agence Reuters. Détenu depuis le mois d'octobre, Yao Wentian, âgé de 73 ans, dirige Morning Bell Press. Selon des sources proches de son épouse, les autorités n'auraient pas dévoilé les réelles accusations portées contre lui. 

 

 

Hong Kong

David Leo Veksler, CC BY 2.0

 

 

Le travail réalisé avec l'auteur dissident Yu Jie, basé aux États-Unis, avait abouti à la rédaction de Xi Jinping, le Parrain chinois. « Je pense que son travail sur le livre qui concerne Xi Jinping est la principale raison pour laquelle il a été arrêté », a assuré l'auteur, ajoutant que le livre a disparu en même temps que l'éditeur. 

 

Sa maison d'édition n'était pas disponible pour faire de commentaire, souligne pour sa part l'AFP. 

 

L'ouvrage devait sortir en avril prochain, et Yu Jie n'en était pas à son coup d'essai : il avait déjà fait paraître un livre titré Le meilleur acteur de Chine: Wen Jiabao, critique sévère contre l'ancien premier ministre du pays. « Le parti communiste m'a menacé, et lui a fait passer des moments difficiles, mais nous avons poursuivi notre projet de publication », explique-t-il. 

 

En 2012, l'éditeur s'était déjà plaint auprès de Google, expliquant que son compte Gmail avait été piraté alors qu'il s'apprêtait à publier un autre livre de Yu, sur l'ancien président chinois, Hu Jintao. 

 

Hong Kong est une ancienne colonie britannique, qui dispose logiquement, par rapport à la Chine, d'une semie-indépendance. La censure pratiquée sur le continent profite souvent de ce havre de paix pour diffuser des livres qui auraient été interdits par les autorités de l'Empire du Milieu. 

 

L'arrestation de Yao Wentian se serait faite après une sorte de guet-apens : ce dernier aurait été attiré à Shenzhen, sous prétexte de livrer une peinture à un ami de longue date. Si la police n'a toujours pas fait de déclaration officielle, les accusations pourraient inclure la contrebande et la fraude sur les droits d'importations.

 

Des éléments qui sont sans aucune relation avec son travail d'éditeur, mais offriraient bien entendu une échappatoire commode au régime chinois.  

 

via South China Morning Post