La Chine aura eu raison d'Amazon, qui ferme son site de vente

Nicolas Gary - 20.04.2019

Edition - Economie - Chine Amazon internet - Kindle lecture Chine - GATX Asie ebooks


Face à la concurrence locale, Jeff Bezos est contraint de reconnaître que la toute-puissance d’Amazon est restée impuissante. En effet, ce 18 juillet prochain, l’entreprise fermera son propre site de vente, pour ne plus conserver que sa marketplace. Et de laisser ainsi la place à Alibaba et les autres BATX — Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi, les GAFA d’Asie. 

China Mask Sign
Mark Mitchell, CC BY 2.0

 
Si les clients chinois seront toujours en mesure d’acheter leurs produits sur les plateformes internationales d’Amazon, l’extension .CN va donc plier boutique. « Ces dernières années, nous avons développé notre activité de vente au détail en ligne pour la Chine, de sorte à mettre davantage l’accent sur les ventes transfrontalières », assure un porte-parole.

Toutefois, si les clients ont apprécié l’offre, elle n’a pas su les détourner des autres fournisseurs asiatiques. 

De fait, seuls trois services resteront maintenus : la marketplace, par laquelle des vendeurs tiers pourront continuer leur commerce, ainsi que le service de cloud computing, Amazon Web Services. Et, chose assez inattendue : le Kindle et la vente de livres numériques.
 

Vider la mer (de Chine) avec une cuillère


Depuis son arrivée au début des années 2000, la présence d’Amazon en Chine n’aura jamais connu de véritable explosion. Les concurrents et rivaux, trop implantés, mieux adaptés, parvenaient notamment à offrir des frais d’expédition, ou à des coûts minimes. Amazon, en revanche, imposait que la commande soit de 59 à 200 yuans (6,6 à 26,5 €), pour en bénéficier. Ou comment l’entreprise de Bezos s’est retrouvée prise à son propre piège.  
 
Selon les données du Wall Street Journal, Amazon ne disposerait aujourd’hui que de 6 % du marché chinois. Et la firme ne jette pas tout à fait l’éponge : on évoque en effet une fusion des activités avec Kaola, filiale de NetEase : ce dernier est connu pour faciliter la vie d’entreprises étrangères, leur permettant de faire du commerce en Chine. Un partenariat avec Blizzard Entertainement a notamment permis aux jeux vidéo World of Warcraft et Overwatch d’être exploités. 

Mais dans ce cas, Amazon, et ses produits disparaitraient en tant que marque, au profit de Kaola. 

En somme, un chemin malgré tout moins terrible que celui de eBay, qui aura investi des centaines de millions de dollars, avant re revendre ses activités en Chine, en 2016…
 

L'ebook en Chine, une valeur pourtant sure...


Quant aux livres numériques, Amazon les vend depuis 2013 — le modèle KDP autorise la commercialisation sur le territoire chinois. Et sur un marché estimé à 5,3 milliards $, l’ebook ne saurait malgré tout être totalement anodin. Quid du modèle de Kindle conçu avec China Mobile, et qui devait susciter l’engouement des clients ? Depuis son annonce en juin 2017, on n’en a jamais véritablement entendu parler...

Bien que Kindle ne représente qu’un acteur de petite envergure, le modèle économique de la lecture numérique reste tout de même des plus intéressants : peu de coûts de transport et un public de plus en plus captif.

En effet, selon les données d’un rapport communiqué en 2018, la Chine comptait 300 millions de lecteurs utilisant mensuellement internet. Malgré le lancement en 2016 de Kindle Unlimited, la mayonnaise n’aura jamais vraiment pris —, et ce alors que Prime Reading fut également proposé en 2018. Le lecteur chinois aime la mobilité et la fluidité du net : un signe pour tout le monde ?

Rappelons enfin qu’un acteur comme Tencent est parvenu à lever 1,1 milliard $ pour son entrée à la bourse de Hong Kong, en novembre 2017. Et que depuis, c’est toute la structure China Literature, concurrent écrasant de Kindle, qui en a profité : avec 9,6 millions de livres au catalogue et 6,4 millions d’auteurs, la filiale n’a depuis pas cessé de multiplier les réussites.


via The Verge, Wall Street Journal


Commentaires
Comme quoi résister à un acteur hégémonique est possible dans l'édition et la distribution. Bravo la Chine!
Hao ma, Zhong guo, xie xie. Ou, d'accord, la Chine, merci.
mode neuneu : "bravo la Chine d'avoir resisté à Amazon (en ayant pire avec Alibaba)"
La liseuse Kindle vendue en Chine était liée à deux librairies : Kindle et Migu.



Avec Migu, les utilisateurs pouvaient télécharger des ebooks et payer avec China Mobile (il s'agit d'une entreprise publique, donc c'est pratique pour savoir ce que lisent les gens). C'est évidemment, cette librairie qui restera fonctionnelle sur les liseuses Kindle en circulation.



Il semble dans ses conditions prématuré de se réjouir de cette résistance à Amazon compte tenu de ce que cela implique pour la lecture numérique dans le pays...
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