La Chine aurait libéré l'éditeur et dissident Gui Minhai

Antoine Oury - 24.10.2017

Edition - International - Gui Minhai éditeur - Gui Minhai prison - Gui Minhai Chine


En octobre 2015, le gouvernement chinois inquiétait toute la communauté internationale en procédant à l'arrestation de 5 libraires et éditeurs, vraisemblablement en raison d'activités jugées contraires au régime. Gui Minhai, le dernier des 5 hommes encore détenu, aurait été relâché, d'après la porte-parole du ministère des Affaires étrangères suédois. Mais, à ce jour, il est toujours impossible de savoir où se trouve Minhai.


Gui Minhai, lors d'une confession filmée diffusée sur une chaîne chinoise


 

Gui Minhai avait été le premier homme arrêté par les autorités chinoises, le 17 octobre 2015, alors qu'il se trouvait sur son lieu de vacances à Pattaya, en Thaïlande. Dans les jours qui ont suivi, 4 autres éditeurs et libraires, liés à la maison d'édition de Minhai, Mighty Current Publishing, et à la librairie Causeway Bay Books, avaient été interpellés par les autorités chinoises, dans des conditions assez floues.

 

Minhai était donc la cible principale de la police chinoise : sa maison d'édition, Mighty Current, s'était spécialisée dans la publication d'ouvrages portant sur les mœurs légères et autres détails de la vie privée des dirigeants chinois. Évidemment, ses livres étaient interdits sur le territoire chinois, et Minhai, ainsi que 4 autres détenus, étaient accusés d'avoir fait entrer certains titres en Chine.

 

D'origine chinoise, naturalisé suédois, et basé à Hong Kong, qui bénéficie d'un régime politique spécial, Gui Minhai pouvait mener ses activités avec une relative liberté. Cela dit, il était, semble-t-il, surveillé de très près par les autorités chinoises.

 

« Nous avons reçu des autorités chinoises des informations selon lesquelles il a été libéré », a déclaré la porte-parole du ministère des Affaires étrangères suédois, Sofia Karlberg, à l'AFP. Toutefois, aucune date de libération n'a été avancée, pas plus qu'un éclaircissement sur les motifs réels de cet emprisonnement de deux ans.

 

La plateforme mise en place par la fille de Gui Minhai, Angela Gui, affiche toujours le compte des jours de détention de son père : 737 jours et 19 heures au moment de la publication de cet article.

 

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Sur Twitter, Angela Gui a réagi et publié un message, précisant que son père aurait été libéré le 17 octobre dernier. D'après son communiqué, elle n'aurait reçu aucune nouvelle de son père depuis cette date : dépêchés sur place, les ambassadeurs suédois auraient trouvé la cellule vide, avec pour seule information le fait que Minhai était désormais « libre de voyager » et que les autorités n'avaient aucune idée de l'endroit où il se trouvait.

 


Angela Gui précise encore que le consulat de Suède à Shanghai a reçu un appel, ce lundi 23 octobre, d'une personne affirmant être Gui Minhai : « Il parlait suédois et assurait qu'il allait faire une demande pour un passeport suédois dans un ou deux mois, mais qu'auparavant il souhaitait passer du temps avec sa grand-mère qui était “malade”. À ma connaissance, ma grand-mère n'est pas malade » précise la fille de Gui Minhai dans son message.

 

Autant dire que l'inquiétude reste de mise, pour le moment.