La Chine met l'embargo sur les livres japonais

Clément Solym - 25.09.2012

Edition - International


En plein bras de fer autour des îles Senkaku-Diaoyu, les deux géants asiatiques que sont la Chine et le Japon ne baissent pas leur garde : si chaque partie envoie ses porte-avions dans les eaux environnantes, la Chine a décidé d'imposer un embargo sur les livres signés par des Japonais ou ayant quelque chose à voir, de près ou de loin, avec l'archipel.

 


Beijing September 2012

A Beijing, des écrans géants montrent des manifestations antijaponaises (Remko Tanis, CC BY-NC-ND 2.0)

 

Des éditeurs chinois basés à Beijing se sont ainsi vus conseiller d'arrêter rapidement toutes publications relatives au Japon, à son histoire ou à ses habitants. Bien évidemment, tout auteur japonais est banni, mais également un auteur chinois qui aurait eu l'idée saugrenue d'écrire sur l'archipel. 

 

Le Chengdu Business Daily a révélé - sur la plateforme de micro-blogging Weibo - que l'embargo vient du Bureau de la presse et de l'édition de Beijing, et qu'il serait daté du 14 septembre. Par ailleurs, les librairies de la capitale ont été délestées en quelques heures de plusieurs volumes d'un goût douteux pour les apparatchiks du Parti, y compris 1Q84 de Murakami.

 

Histoire d'étayer sa position, tout en la rendant inébranlable, le Bureau de l'information a publié un livre blanc sur les îles Diaoyu. Titres de quelques parties : « Les îles Diaoyu font partie intégrante du territoire chinois » « Le Japon cherche à s'emparer des îles Diaoyu » « L'offre des îles Diaoyu au Japon par les États-Unis est nulle et non avenue »... « La Chine recourt pour la première fois à un livre blanc pour présenter clairement sa position sur les îles Diaoyu à la communauté internationale. C'est un degré plus élevé que la déclaration du ministère des Affaires étrangères » a expliqué Liu Youfa, de l'institut de recherche sur les problèmes internationaux.

 

Terrie Lloyd, un Australien qui a vécu et travaillé au Japon depuis 29 ans, et actuellement au sein de la maison d'édition Metropolis KK, a déjà constaté plusieurs mesures d'intimidation : « Notre filiale Metropolis a tenté de poster sur un grand site de blogging un article en chinois sur des fossiles de Gifu [préfecture japonaise, NdlR], qui a été supprimé par l'hébergeur lui-même 10 minutes après. »

 

Les autorités n'ont pas peur de refaire l'Histoire, jusqu'à l'âge de pierre...