La Chine publie les confessions de criminels de guerre japonais

Julien Helmlinger - 29.08.2014

Edition - International - Chine - Japon - Crimes de guerre - Diplomatie


Plus tôt cette année, le premier ministre japonais Shinzo Abe saluait un millier de criminels de guerre présentés comme « martyrs » ayant jeté les bases du Japon moderne. Depuis, la Chine presse son voisin de rompre avec sa tradition militariste. Le chef de cabinet du ministre a soutenu que celui-ci s'était exprimé au nom de son parti et non celui du gouvernement japonais. En signant le traité de paix de San Francisco en 1951, le précédent gouvernement avait reconnu ses fautes. Mais l'explication n'a pas suffi, l'industrie de l'édition chinoise se fait désormais porte-parole.

 

 

Image d'archives 

 

 

Les relations entre les deux pays voisins vont mal depuis quelque temps et les explications du cabinet d'Abe n'auront pas suffi à calmer les esprits. Cette semaine, Beijing a publié une compilation de 45 confessions de criminels de guerre japonais au sein d'une collection en 11 volumes, soit environ 6.000 pages. Les ouvrages présentent des copies des textes originaux en japonais, accompagnés de leur traduction chinoise.

 

Avec la publication de ces « aveux » bilingues, la Chine ne veut pas laisser de place au doute. Ils proviennent de 45 criminels de guerre condamnés par des tribunaux militaires chinois à l'issue de la guerre, et ont été mis en ligne par l'Administration des Archives d'État (ASA) sur une base quotidienne depuis le début de juillet. 

 

À titre d'exemple, on retrouve notamment la confession de Keiku Suzuki, ancien lieutenant général et commandant de la 117e Division japonaise. Le condamné y reconnaît avoir ordonné à l'un de ses inférieurs hiérarchiques de « brûler les maisons d'environ 800 ménages et l'exécution de 1000 paysans chinois dans le cadre d'une opération de ratissage », dans la zone de Tangshan.

 

La Chine accuse régulièrement le Japon de ne pas faire face à son Histoire. Selon les chercheurs chinois, plus de 20 millions de personnes seraient mortes pendant l'invasion et l'occupation du pays par l'empire japonais.