La Chine refuse un auteur australien, parce que séropositif

Clément Solym - 15.03.2010

Edition - Société - Chine - refuser - auteur


Ils sont plus d'une centaine à avoir signé une lettre ouverte dénonçant l'attitude intolérable de Beijing, qui a refusé l'octroi d'un visa à un auteur australien, qui devait se rendre au Festival international de littérature de Shanghai cette semaine. Plus de voyage pour Robert Dessaix a ainsi décrété la Chine, qui a mis en place une interdiction formelle et stricte d'accès à son territoire pour toute personne porteuse du VIH.

Des personnalités comme le prix Noble J.M. Coetzee ou le prix Booker Thomas Keneally se sont ainsi mobilisés, réclamant des excuses publiques de la part du gouvernement chinois. « C'est un acte de discrimination qui semble reposer sur la peur ou l'ignorance, et un comportement indigne de toute nation qui souhaite être considérée comme éclairée et civilisée » précise la lettre.

Alors que Robert Dessaix jouit d'une belle réputation internationale et que ses ouvrages paraissent un peu partout dans le monde, ce nouvel incident diplomatique (voire pathétique...) continue la série noire des tensions qui se créent entre l'Australie et la Chine.

Les auteurs signataires ajoutent qu'ils « sont consternés d'apprendre que le refus du gouvernement chinois d'accorder un visa à Robert Dessaix repose sur le motif qu'il est séropositif. Nous tenons à exprimer notre soutien à Rovert et à protester contre une décision fondée sur l'ignorance et les préjugés ».

Évidemment, le pays a refusé de revenir sur sa décision et le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Qin Gang, a vivement défendu la législation de son pays. « S'il est séropositif, alors conformément aux règles en vigueur en Chine, il ne peut pas entrer dans le pays. Les lois sont claires à ce sujet. J'espère que les Australiens et l'auteur lui-même seront en mesure de comprendre cela. »

Et de préciser qu'en Chine, les malades atteints du SIDA ou les séropositifs sont respectés, et leurs droits légitimes sont protégés. Mais pas question donc d'en faire venir d'ailleurs...

Pour Robert Dessaix, cette interdiction bafoue tout respect de l'être humain. « C'est une attitude moyenâgeuse. Je me sens rabroué et insulté, et bien évidemment humilié. Je le vois comme un camouflet à l'Australie, et pas seulement lancé contre moi. »