La Colombie en deuil pour trois jours en l'honneur de "Gabo"

Julien Helmlinger - 18.04.2014

Edition - International - Gabriel Garcia Marquez - Hommages - Deuil national


L'an passé, le pays avait repris à son compte le thème du « réalisme magique » afin d'attirer les pèlerins sur son territoire, à travers la dernière campagne de son ministère du tourisme. Suite à son décès intervenu ce jeudi, la Colombie natale de Gabriel Garcia Marquez, entame trois journées de deuil national pour marquer son décès. Une révérence au Nobel de littérature, décrétée par le président Juan Manuel Santos, rapporte l'AFP.

 

 

Le président, CC by 2.0, par Ministerio TIC Colombia

 

 

Lors d'une brève allocution solennelle et télévisée, le président de la Colombie, Juan Manuel Santos, a annoncé avoir décrété un deuil national de trois jours. En outre, il a donné l'ordre de « mettre le drapeau en berne dans toutes les institutions publiques », en précisant : « Nous espérons que les Colombiens feront de même dans leurs maisons. »


Décédé des complications d'une pneumonie, Gabriel Garcia Marquez s'était retiré depuis des années de la vie publique. Et s'il vivait majoritairement au Mexique depuis 1961, il n'en est pas moins considéré comme l'un des plus grands écrivains de l'histoire colombienne tout comme de la littérature hispanophone.

 

Dans son discours, le président soutient que la Colombie a perdu « le compatriote le plus admiré et le plus aimé de tous les temps. Il a été, et je n'exagère pas, le Colombien qui, dans toute l'histoire de notre pays, a porté le plus loin et le plus haut le nom de notre patrie ».


Juan Manuel Santos a également évoqué le réalisme magique : « Pour nous Colombiens, Gabo n'a pas inventé le réalisme magique, il a été son plus grand illustrateur dans un pays qui représente lui-même le réalisme magique. Un pays qui combine la joie et la douleur, la poésie et le conflit. »

 

Hommages politiques d'Anne Hidalgo

 

Depuis la France, les éloges ne font pas défaut. Outre celui de la ministre de la Culture, la maire de Paris née près de Cadix en Andalousie, Anne Hidalgo, a quant à elle salué la mémoire d'un « défenseur des opprimés  » ainsi que d'un adversaire de « toutes les dictatures  ».

 

Au fil de son communiqué, l'élue socialiste a également écrit : « Infatigable humaniste, défenseur des opprimés, journaliste au regard aiguisé, libre penseur défiant toutes les dictatures et toutes les injustices, il a su, tout au long de son parcours, mêler la littérature et la politique dans une langue unique et puissante. »

 

Comme l'exprime celle qui a conservé un lien avec sa culture hispanique : « Le souffle épique de son écriture, le 'réalisme magique' de ses romans, la force de ses engagements, ont influencé de nombreux auteurs et citoyens à travers le monde. »

 

Nul n'aurait encore précisé si les obsèques de l'écrivain seront organisées au Mexique, ou bien sur le territoire de son pays natal. 

 

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF : « Gabriel Garcia Marquez était un orfèvre des mots, un artisan de la littérature, un maître du roman qui avec Cent ans de solitude, réussit l'exploit, en un ouvrage, de faire jaillir l'essence même de l'Amérique latine. (...) Gabriel Garcia Marquez était un homme de progrès, un pourfendeur de l'impérialisme qui a si longtemps ravagé l'Amérique latine. Il a traversé l'histoire tumultueuse de ce continent à la fois témoin et acteur de ce XXe siècle si tourmenté pour les peuples latino-américains. (...) Il restera la fierté d'un continent, un écrivain universel si passionnément latino-américain. »