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La Colombie veut exporter sa littérature au-delà du monde hispanophone

Antoine Oury - 11.10.2018

Edition - International - colombie litterature - reading colombia - colombie traductions


#FBM18 - Le ministère de la Culture colombien, la Bibliothèque nationale de Colombie et la Chambre colombienne du Livre proposent, pour la première fois, un programme d'aides à la traduction dédié à la littérature du pays. 12 bourses de traduction de 3000 $ chacune permettront de soutenir des initiatives pour exporter la culture colombienne au-delà des frontières du pays et, si possible, de l'espace hispanophone.


Foire du Livre de Francfort 2018 - #FBM18
(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)
 

28 titres ont été sélectionnés pour ce premier catalogue « Reading Colombia », qui espère inciter les éditeurs du monde entier à traduire et publier la littérature colombienne. « La sélection a été établie par un comité, et l'opération réunit le ministère de la Culture, la Bibliothèque nationale ainsi que la Chambre colombienne du livre », explique Martín Gómez, qui valorise l'initiative pour cette dernière.

 

Le projet Reading Colombia


Les ouvrages mis en avant, publiés entre 2011 et 2018 en Colombie, couvrent un large spectre de sujets, de genres et d'auteurs. Romans, nouvelles, contes, chroniques, polars, livres jeunesse et quelques essais représentent la diversité de l'édition colombienne : « L'un des livres est signé par une auteure née en 1937, un autre par une auteure née en 1998. Nous nous sommes attachés, également, à représenter plusieurs régions de la Colombie. »

 

« Reading Colombia » met à disposition des premiers éditeurs étrangers intéressés 12 bourses de traduction, d'une valeur de 3000 $ chacune. Deux d'entre elles ont déjà été décernées, à des maisons danoise et italienne. « Nous recherchons en priorité des éditeurs qui travaillent sur les marchés qui disposent des plus importants réservoirs de lecteurs, comme l'anglais, l'allemand, le français, le portugais, ou encore l'arabe, le chinois et le japonais, mais nous ne sommes fermés à aucun éditeur qui travaille dans d'autres langues que l'espagnol », précise Martín Gómez.

 

L'initiative représente un véritable bond dans le soutien à la traduction : auparavant, une seule bourse de traduction était décernée chaque année. L'événement France-Colombie de 2017, pour lequel le ministère de la Culture colombien a investi dans la traduction, a été un véritable déclencheur, qui a fait réaliser l'importance du soutien à l'édition. Le catalogue « Reading Colombia » peut-être consulté en fin d'article.

 

Un soutien pour un marché du livre fragile

 

Le marché du livre colombien reste dominé par deux grands groupes internationaux, Planeta et Penguin Random House, mais, ces dix dernières années, une édition indépendante a doucement commencé à émerger. On la retrouve d'ailleurs dans le catalogue « Reading Colombia », dont un peu plus de la moitié des titres sont issus de sa production.

 

Néanmoins, la situation reste très fragile face à la concentration du marché : « Le taux de lecture en Colombie n'est pas très élevé, même s'il progresse chaque année. Les librairies sont très inégalement réparties sur le territoire, on les trouve principalement en centre-ville et dans les quartiers aisés, quand le prix des livres reste trop élevé au vu des revenus de la population. »

Un roman coûte environ la même somme qu'un livre équivalent en France, mais le pouvoir d'achat moyen le rend inaccessible — l'absence de prix unique, et la tendance des points de vente à tirer les prix vers le haut, constituent d’autres obstacles.
 

Foire du Livre de Francfort 2018 - #FBM18

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)
 

 

« La grande chance de la population, c'est que le pays est très bien doté en bibliothèques publiques », note toutefois Martín Gómez. L'apparition des livres dans les supermarchés améliore également l'accès, même si l'offre reste peu diversifiée dans ces points de vente : la lecture numérique se développe après l'arrivée d'Amazon, Kobo et Google Books, et permet à une partie de la population de découvrir plus facilement des livres.

 

L'exportation constitue donc un moyen, pour l'édition colombienne, en particulier indépendante, de consolider son économie. Les échanges régionaux sont déjà nombreux : le Panama, le Nicaragua, le Pérou ou encore le Mexique sont des interlocuteurs récurrents, notamment à la Foire du Livre de Bogota, comme l'assure Sandra Pulido Urrea, directrice de l'événement et coordinatrice de la présence de la Colombie à Francfort. « La Foire était déjà un lieu d'achat et de vente de livres soldés pour ces pays, et ils sont naturellement devenus nos interlocuteurs pour la vente de droits. »

 

La Foire de Francfort veut devenir
un lieu d'échange de licences

 

Accéder aux marchés de l'édition non hispanophones reste délicat pour les éditeurs : les éditions française, allemande, italienne et chinoise s'intéressent à la production, mais les contacts restent trop rares. Longtemps, Garcia Marquez, Álvaro Mutis et Laura Restrepo, entre autres, ont dominé les ventes de droits, mais une nouvelle génération d'auteurs attire depuis une dizaine d'années les louanges et, dans le meilleur des cas, l'intérêt.

 

Retrouver nos articles sur la Foire de Francfort 2018





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