Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

La commission européenne menace les petits libraires

Clément Solym - 06.05.2011

Edition - Justice - commission - européenne - vente


Pour tout achat à distance, le client dispose d’un délai de sept jours pour retourner l’objet si celui-ci ne convient pas. Cette loi européenne s’applique à toutes sortes d’objets, dont les livres. Elle touche donc les librairies qui pratiquent la vente à distance.

Or, la commission européenne est en train de réfléchir à la mise en place d’une modification de cette loi, qui permettrait de doubler le temps autorisé avant de renvoyer un objet à son expéditeur. Cette « directive » pourrait être appliquée à partir du 30 mai prochain et stipulerait que les clients disposent de deux semaines au lieu d’une pour rendre l’objet acheté.


The Antiquarian Booksellers Association (association des vendeurs de livres anciens) s’oppose à la modification de la loi sur le retour des livres, expliquant qu’un délai de deux semaines laisse largement le temps à l’acheteur de lire le livre avant de le renvoyer.

Voir, qui sait, de le numériser...

Pour l’association, cette modification aurait un effet contraire à celui escompté : elle risquerait de faire augmenter le nombre de retours et de ce fait, elle ferait perdre de l’argent aux vendeurs tout en augmentant leur charge de travail administratif. C’est pourquoi, Worms Laurence, le président de l’association, a écrit à quatre députés londoniens en leur demandant de faire pression sur la commission européenne afin qu’elle mette les livres sur la liste des « objets exemptés ».

De lourdes conséquences

En effet, si elle paraît insignifiante d’un premier abord, cette modification pourrait violemment léser les petits libraires indépendants qui ne pourront faire face à des frais supplémentaires.

« La base économique de l’ensemble du marché du livre, ancien ou nouveau, est complètement minée
[par cette modification]… Les seuls secteurs du marché où les consommateurs ont visiblement et urgemment besoin d’une protection sont ceux où des vendeurs privés vendent leurs objets sur des plateformes publiques, comme eBay… », confirme le député Charles Tannock. (via The Bookseller)