La Commission européenne penchée sur l'affaire Hachette / Amazon

Nicolas Gary - 06.06.2014

Edition - International - Hachette Book Group - Joaquin Almunia - Commission européenne


Le commissaire de la concurrence à l'Union européenne a décidé qu'il souhaitait comprendre le conflit qui oppose actuellement Amazon et Hachette, aux États-Unis. C'est à l'occasion d'une conférence de presse que Joaquin Almunia a expliqué que la Commission était « penchée sur cette question et essayait de la comprendre ». Et pour cause, le marché européen pourrait également être concerné par ces questions.

 

Mr Joaquín Almunia listening attentively to a question posed by an MEP during his hearing

European Parliament, CC BY NC ND 2.0, sur Flickr

 

 

Voilà un mois maintenant que le sujet préoccupe, et dans le flot d'informations lacunaires dont dispose la presse, une avait filtré : le groupe suédois Bonnier, qui possède un certain nombre d'éditeurs allemands rencontrerait les mêmes problèmes de négociations avec Amazon. Avec les mêmes conséquences que pour Hachette Book Group : des délais de livraison à rallonge appliqués par le vendeur. 

 

L'agence Reuters, qui rapporte l'information, rappelle que Hachette est le quatrième plus grand éditeur de livres aux États-Unis, propriété de Lagardère SCA. La société n'a fourni aucun détail à la presse concernant cette affaire, mais les différents articles font état d'un différend sur le prix des livres numérique.

  

La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, était intervenue sur le sujet, réclamant justement que la Commission européenne exerce « toute sa vigilance pour prévenir des situations d'abus de position dominante si celles-ci étaient attestées en Europe ». Manifestement, la CE s'est montrée à l'écoute.

 

Sauf que le droit de la concurrence n'a qu'une action répressive, et certainement pas préventive. A l'exception des phénomènes de concentration, qui doivent être notifiés à la CE, et aux autorités nationales de la concurrence, on voit mal comment la Commission pourrait réellement intervenir dans ce qui a toutes les apparences d'un litige commercial. 

 

Toutefois, des ouvrages comme celui de JK Rowling, citoyenne écossaise, donc européenne, sont impliqués, ce qui explique peut-être le fait que l'on évoque le sujet. 

 

La Commission lancera-t-elle une enquête ? Difficile de le savoir pour l'instant, mais cette dernière pourrait n'avoir aucune incidence sur les négociations entre les deux acteurs. Peut-être l'oeil de Bruxelles incitera-t-il au moins les deux parties à se montrer plus souples.