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La communauté de la science-fiction se rebiffe contre la misogynie

Julien Helmlinger - 01.07.2013

Edition - International - Science-Fiction - Geeks - Harcèlement


Année de transition pour la communauté des adeptes féminines de science-fiction et de fantasy ? La question est posée, tandis que diverses affaires de harcèlement ont dernièrement fait surface sur la toile. Après les accusations de sexisme formulées à l'encontre du Bulletin de la SFWA, ayant conduit à la démission de son rédacteur en chef, l'auteure Elise Matthiesen a fait état de ses mauvaises expériences personnelles en la matière au cours de la WisCon, et indiqué à ses consoeurs comment dénoncer les dérives.

 

 

 

 

Le témoignage d'Elise Matthiesen, livré à l'occasion de la WisCon, convention annuelle consacrant ses débats aux questions du féminisme, des races, et des classes dans le milieu de la science-fiction relate comment l'auteure a elle-même souffert de harcèlement dans un univers ou le sexisme serait la norme. Évoquant de manière impersonnelle le cas d'un harceleur qu'elle a dénoncé à ses employeurs.

 

Et sur le blog de John Scalzi, le harceleur évoqué aurait été identifié par les commentateurs comme étant le respecté éditeur de la maison Tor, Jim Frenkel. Un professionnel qui aurait déjà été évoqué en d'autres plaintes similaires. 

 

Comme l'exprime Matthiesen, ce cas précis ne serait de loin pas le seul a avoir manqué d'égards envers elle au cours de sa carrière. Ce ne serait qu'après une décennie d'exercice qu'elle se serait sentie enfin assez bien installée dans le milieu pour formuler sa plainte contre de telles pratiques misogynes. 

 

Sur le web on se souvient notamment des mains de Harlan Ellison venues tâter la poitrine de Connie Willis en pleine WorldCon 2006, ou encore du harcèlement de Genevieve Valentine par René Walling à l'occasion de la ReaderCon 2012...

 

Tandis que la science-fiction a perdu bon nombre de ses anciens auteurs cette année, que de nouvelles plumes s'annoncent dans le registre, les féministes espèrent que le harcèlement propre à l'ancienne garde ne soit pas reproduit par la relève.