La condition des auteures s'améliore légèrement dans les magazines littéraires

Clément Solym - 04.04.2016

Edition - Société - magazines littéraires - femmes conditions auteures - femmes littérature VIDA 2015


Depuis 2009, l’organisation VIDA s’est donnée pour mission de relever et d’évaluer la présence des femmes dans les médias littéraires, en observant à la fois les auteures considérées par ces médias et les auteures qui travaillent dans ces médias. Une façon de montrer combien la culture peut être façonnée et biaisée par une absence de parité, voire une phallocratie avérée. 

(iLaw TH, CC BY-NC-SA 2.0)

 

 

Chaque année, l’organisation VIDA demande aux auteurs et contributeurs de revues littéraires de bien vouloir spécifier leur sexe, la catégorie sexuelle dans laquelle ils s’intègrent, leur appartenance ethnique, mais aussi les potentiels handicaps qui peuvent les concerner. Ces informations peuvent paraître assez intrusives, mais elles se révèlent finalement indispensables pour qui souhaite observer la représentation laissée à chaque catégorie et, in fine, à chaque individu.

 

Le premier constat est réjouissant, avec de nets progrès observés au sein de journaux leaders en matière de critiques littéraires, notamment Harper’s et The New Republic. Pour le premier, « les chiffres montrent les effets de l’engagement public de Christopher Beha [auteur et rédacteur en chef adjoint de Harper’s Magazine] pour améliorer la situation », souligne VIDA. Le pourcentage de femmes au sein de la rédaction ou dans les colonnes de la publication atteint 38 %, niveau le plus élevé depuis 2009, le lancement des études VIDA.

 

Cela dit, dans le détail, Harper’s fait apparaître 83 femmes, au total, sur l’année 2015, contre 137 hommes (rédacteurs et auteurs de livres critiqués confondus). Les articles signés par des femmes ont augmenté de 11 % par rapport à l’année précédente. 

 

Ce qui s'assimile à une dérive machiste reste pourtant persistante : dans la New York Review of Books, les femmes ne sont que 21 %, la London Review of Books est à 23 % quand le supplément Times Literary n’affiche guère que 29 %. The Atlantic, avec 30 %, ferait presque figure de leader...

 

L'excellent élève de cette année resterait donc The New Republic, qui est salué pour une « incroyable amélioration ». Et VIDA de souligner : « L’année dernière, nous avions signalé que The New Republic avait fait la promesse de changer, avec une légère amélioration dans la plupart des catégories. En 2015, nous avons observé une augmentation spectaculaire. » Avec 45 % de femmes, voilà un excellent élève.

 

La Review of Paris en était un autre, mais file un mauvais coton : alors que la société avait affiché de réels efforts, elle plonge finalement et renoue avec une majorité d’hommes. 

 

(via VIDA)