Le réseau Canal BD fait état d'un chiffre d'affaires en hausse de 9 % en 2014

Antoine Oury - 02.06.2015

Edition - Librairies - Canal BD - librairies - Bruno Fermier


Les libraires BD se portent bien : c'est le message encourageant qu'a fait passer le réseau Canal BD hier, à l'occasion de la remise du 26e Prix des Libraires de Bande Dessinée. Si le secteur éditorial traverse un moment délicat, avec une surproduction dénoncée par certains éditeurs et auteurs, et des difficultés financières pour les créateurs, les ventes sont satisfaisantes.

 

Librairie La Parenthèse - Nancy

La librairie La Parenthèse, à Nancy, membre du réseau Canal BD (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Le réseau Canal BD rassemble désormais 103 librairies dans l'Hexagone, avec 10 nouveaux établissements accueillis sur les 6 derniers mois. Le fonctionnement en coopérative séduit manifestement les libraires, d'autant plus qu'il leur permet de conserver leur indépendance. Fin 2014, le chiffre d'affaires du réseau est en hausse de 9 %, à points de vente comparables.

 

Canal BD met également en place des outils de gestion à destination des libraires, ainsi qu'un observatoire des ventes. Un partenariat avec l'Institut National de Formation de la Librairie permet également d'assurer une formation suivie. Le système « Un libraire, une voix » participe aussi du bon fonctionnement de la coopérative.

 

Parmi les problèmes sectoriels récemment identifiés, particulièrement par les auteurs de bande dessinée eux-mêmes, on comptait la surproduction d'albums, qui raccourcit forcément la durée de vie des titres en libraires. « Notre métier, c'est de vendre du livre. Plus il y en a, plus on a de choix, plus nous sommes heureux », souligne cependant Bruno Fermier, Délégué général de Canal BD.

 

« Bien sûr, la surproduction nous préoccupe si nos amis auteurs en pâtissent. Nous savons pertinemment que s'il n'y a plus d'auteurs, il n'y a plus de libraires », ajoute Bruno Fermier. « De notre côté, c'est plutôt la qualité des albums qui nous pose parfois problème. De bons livres se vendent bien : les 12 livres retenus pour les Prix des Libraires 2015 sont d'excellents titres, et les ventes ont suivi. C'est aussi bête que ça. »

 

Ce qui poserait problème serait donc l'aspect qualitatif, parfois effacé au profit de la quantité : « Ce qui pose vraiment problème, c'est que 60 % des nouveautés sortent entre octobre et novembre, et c'est vraiment gênant, parce que les libraires ont des charges toute l'année. Ce début d'année a été une catastrophe, nous avons eu quelques bons titres et quelques gros titres, mais pas suffisamment. Heureusement que les libraires du réseau ont développé le fonds, parce qu'ils sont spécialistes. »