La Cosa Nostra sur le délcin ?

Clément Solym - 08.02.2008

Edition - Justice - Andrea - Camilleri - fin


Alors que d'un côté on annonce trois sorties du romancier Andréa Camilleri, avec Lune de papier (Fleuve noir), Les enquêtes du commissaire Collura (Fayard, la 13e enquête du commissaire, qui pourrait ne pas lui porter chance) et Petits récits au jour le jour (Fayard également), le Sicilien profite de l'arrestation massive de membres de l'organisation criminelle, Cosa Nostra pour pressentir « le début de la fin ».



Jeudi, 81 personnes ont été écrouées par les polices américaine et italienne, ce en quoi l'écrivain « espère que le processus enclenché par ce coup de filet est désormais irréversible ». Dans son tout premier roman à aborder le sujet, Le Jour de la chouette, Camilleri décrivait la mafia, loin du tapageur Hollywoodien, et bien plus proche de la réalité : invisible, insaisissable, mais omniprésente.

« certains maires ont combattu la mafia
à visage découvert sur leurs communes
».
Andrea Camilleri

Pour lui, l'annonce faite par la Confindustria sicilienne de rejeter ceux qui se laissent prendre au jeu de la protection-racket de la mafia, le pizzo, « a été un des détonateurs de ces arrestations ». Mais d'autre part, il salue la vaillance « de certains maires qui ont combattu la mafia à visage découvert sur leurs communes ».

Reprenant alors les paroles du juge Falcone, assassiné sous les coups de la mafia, justement avec son épouse, il considère que « la mafia, en étant composée d'êtres humains, est destinée à mourir comme toute chose humaine ». Tout cela mit bout à bout, « ces derniers mois commencent à signer le début de la fin », selon lui.

Entré dans la prestigieuse collection Meridiani, l'équivalent italien, en un peu plus agréable, il faut le reconnaître, de notre Pleïade, l'écrivain avait souvent pris la mafia comme prétexte, pour ridiculiser la lâcheté de ses compatriotes. Une ironie cinglante, qui pointait bien ceux qui regardent ailleurs d'un air dégagé...