Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

La coulrophobie, cette angoisse terrifiante que suscitent les clowns...

Nicolas Gary - 07.09.2017

Edition - Les maisons - clowns terreur librairie - Stephen King clown - angoisse bouffons sourire


Oubliez Krusty le clown de l’univers des Simpson. Poubelle, Bozo le clown télévisuel des années 60... Ce 20 décembre, le pire clown que la littérature ait jamais enfanté revient au cinéma. Et dans le même temps, les créatures les plus sombres s’apprêtent à envahir les librairies.

 

 

 

On se souvient de la mode des clowns terrifiants dont les vidéos ont fleuri sur la toile. On se souviendra également que le personnage de Stephen King, Pennywise, n’est pas sans lien avec l’histoire de John Wayne Gacy Jr., le premier véritable clown tueur... 

 

Si le roman de King sortit en 1986, cette histoire est devenue un véritable phénomène de mode. Mais avant lui, on retrouvait déjà des clowns fous à lier : tiens, le Joker, qui a fêté ses 70 ans récemment... Un vieux bonhomme dont Batman n’est jamais vraiment parvenu à débarrasser Gotham...

 

Pascal Paillardet publie ainsi un livre qui recense ces vilains clowns : tristes, psychopathes ou malfaisants, « ces bouffons de cauchemar arpentent tous les territoires de la création pour marauder dans notre imaginaire », explique-t-il. 

 

L’auteur avoue éprouver une admiration sans bornes pour l’œuvre de Stephen King et le cinéma de Pierre Étaix, en particulier le film Yoyo. Sauf qu’il n’était décemment pas possible d’enrôler le clown Yoyo dans la bande de sicaires rassemblée dans cet ouvrage : il se serait fait découper par Pennywise.

 

Dans tous les cas, ce livre est consacré aux créatures flippantes que ce sont clowns sinistres. Le livre retrace l’histoire de ces sinistres trublions et de leurs ancêtres, explore les ressorts psychologiques et sociologiques des peurs et phobies qu’ils suscitent... 

 

Petit extrait : 
 

La coulrophobie, dans la pop culture : Mort de frousse !

 

Devant un clown qui s’imagine pouvoir les amadouer par quelque irrésistible drôlerie, ils tremblotent comme une feuille morte. Mais ils s’attardent rarement. Dès qu’un affreux nez rouge clignote à l’horizon, ils prennent leurs jambes à leur cou avant que le pitre ne leur tranche les guiboles. Ils souffrent de la phobie du clown, appelée la « coulrophobie ».
 

Dans son rôle de clown tueur, Bill Skarsgard espère traumatiser des enfants


Pour rien au monde — ou peut-être, tout de même, pour la consolation de voir un bouffon se faire mangeotter dans la cage aux lions — ils ne s’installeraient dans les gradins d’un cirque. 




 

Montrez-leur un portrait de clown guilleret, le sourire espiègle en demi-lune, le visage blanc comme une neige de coton, ils seront effrayés par ce rictus incrusté dans une trogne pâle comme la mort. Incapables de fixer cette expression faciale étrange, qui ne répond à aucune norme apparaît impossible à décoder, comme si elle n’était pas totalement humaine. 
 

Stephen King présente ses excuses à la communauté des clowns 


Présentée à ces êtres pusillanimes, qu’un simple clown équipé d’une inoffensive scie circulaire effraie, la tête de Grippe-Sou dans le téléfilm Ça récolta tous les suffrages lors d’une enquête : la bouille du bonhomme, interprété par Tim Curry, fut jugée terrifiante par 77 % des sondés ! On imagine la réaction de ces poltrons s’ils apprenaient que Grippe-Sou, en plus d’être d’une beauté atypique, se rassasie de carpaccio d’enfants, découpés en tranches très fines. 

 

 

Pascal Paillardet – Bad Clowns – Editions Huginn & Muninn – 9782364805699 – 27 €

 

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