La Cour des comptes épingle le système scolaire français

Clément Solym - 12.05.2010

Edition - Société - éducation - rapport - cour


Dénommé « L’éducation nationale face à l’objectif de la réussite de tous les élèves », le dernier rapport de la Cour des comptes, rendu public mercredi, revient sur un système éducatif qui devient de moins en moins performant. En l’espace de 216 pages, il analyse les raisons qui pourraient expliquer la situation actuelle.

Dès la parution dudit rapport, au ministère de l’Education nationale, on s’est attaché à publier rapidement un communiqué expliquant que les réformes actuellement en cours ne font que rejoindre point par point les constats listés par la Cour des comptes et les propositions qui en ressortent…

Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles… L’Education nationale, toujours en avance d’un pas, c’est bien connu, avait anticipé par des réformes les problématiques actuelles du système.

Néanmoins, le rapport épingle avec justesse certaines particularités du système français. Il en va ainsi de l’aberration des redoublements. Selon les chiffres de l’OCDE, la France prend, et de loin, la première place pour les redoublements avec 40 % des élèves de 15 ans qui ont déjà redoublé au moins une fois.

Selon les rapporteurs, le redoublement reste une hérésie éducative, ne résolvant rien et coûtant fort cher à la société. Pour Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes, il y a urgence à agir. Le système actuel s’avère très inefficace pour lutter contre les inégalités scolaires.

Par un égalitarisme des moyens et des pouvoirs accordés à chaque établissement, on ne peut suffisamment aider ceux qui en auraient le plus besoin. Et pourtant, c’est dans la mise en place de cette différenciation raisonnée que les choses pourraient s’améliorer.

Pour s’adapter à l’hétérogénéité du public, il faudrait « différencier fortement les moyens d'enseignement en fonction des établissements ». La baisse du taux de redoublements doit se faire en contrepartie d’une augmentation du temps de soutien scolaire apporté à chaque élève en difficulté.

Au niveau du ministère de l’Education nationale, on répond que les réformes actuelles vont parfaitement dans le sens du rapport. Ainsi, dès la rentrée prochaine, avec la réforme du lycée, les chefs d’établissement auront davantage de pouvoir. Et, au niveau des zones difficiles, il leur sera aussi possible d’avoir un droit de regard sur le choix de l’équipe enseignante.

L’intégralité du rapport est consultable directement en ligne.