La cour du Portugal autorise un livre sur une histoire d'enlèvement

Clément Solym - 21.10.2010

Edition - Justice - enlèvement - disparition - portugal


Les parents de la petite Madeleine McCann, disparue en 2007, viennent de subir un revers judiciaire devant une cour de justice espagnole, contre un agent de police, auteur d'un ouvrage sur cette affaire.

L'ancien inspecteur Gonçalo Amaral, qui avait dirigé l'enquête durant les cinq premiers mois, fit paraître trois ans après un ouvrage. Il expliquait que la fillette était morte accidentellement dans l'appartement de vacances d'Algarve que ses parents avaient loué à Praia da Luz. Selon lui, ses parents avaient alors inventé l'histoire de l'enlèvement - ce qui a provoqué leur plainte pour diffamation, on s'en doute.


Porto, au Portugal

Le livre avait, dans un premier temps, était interdit à la vente, le procureur général du Portugal ayant estimé que les parents étaient innocents. Mais dans le second temps de la procédure, le tribunal a considéré que l'interdiction de vente allait à l'encontre du droit à la liberté d'expression.

« Le contenu du livre ne porte pas atteinte aux droits fondamentaux des plaignants », a estimé le juge. Et l'ancien inspecteur d'affirmer qu'avec une pareille décision, la démocratie au Portugal avait gravi un échelon, attendu que l'interdiction relevait d'une décision profondément anticonstitutionnelle.

Un porte-parole de la famille assure que de leur côté, les parents ne laisseront pas tomber pour autant la plainte pour diffamation. Et peut-être même interjetteront-ils appel de la décision de remettre l'ouvrage en vente. Lorsque celle-ci avait été décidée, les parents avaient assuré que le livre avait gravement nui à la recherche de leur fille.

« Aussi douloureux et dommageable sur le plan individuel qu'aient pu être les calomnieuses déclarations de M. Amaral et de ses partisans, pour nous et notre famille, notre objectif premier a toujours été, et sera toujours, de retrouver Madeleine, grâce à notre propre travail d'enquête », déclaraient alors les parents.