Le Brésil supprime l'interdiction de biographies non autorisée en vigueur

Clémence Chouvelon - 11.06.2015

Edition - International - Brésil - Biographie interdiction - Cour Suprême


La Cour suprême du Brésil a décidé de supprimer l’interdiction des biographies non autorisées dans le pays, en vigueur depuis 2003. Deux articles du Code civil brésilien stipulaient qu’un tiers pouvait interdire la diffusion d’écrits ou d’images sur sa vie, s’il considérait qu’ils portaient atteinte à son honneur. La suppression de la clause a été adoptée à l’unanimité par les magistrats de la Cour suprême.  

 


Cour Suprême Fédérale, Brasilia (Limongi CC BY-SA 2.0)

 

 

La Cour suprême du Brésil a décidé de supprimer l’interdiction des biographies non autorisées dans le pays. Spécificité du pays, deux articles du Code civil brésilien stipulaient qu’un tiers pouvait interdire la diffusion d’écrits ou d’images sur sa vie, si elle considérait qu’ils portaient atteinte à son honneur. La suppression a été adoptée à l’unanimité par les magistrats de la Cour suprême.

 

La responsable du tribunal chargée du dossier, Carmen Lucia Antunes Rocha, explique à l’AFP que l’interdiction a été jugée « inconstitutionnelle, en relation avec les droits fondamentaux de la liberté de pensée et de son expression, de la création artistique et de la production scientifique ». De nombreuses biographies n’ont jamais été publiées dans le pays, du fait de cette interdiction. 

 

En 2007, Robertos Carlos, considéré comme le « roi de la musique brésilienne », avait lancé la polémique sur cette interdiction opposant de nombreux artistes aux éditeurs et  journalistes. Il avait, en se basant sur les articles 20 et 21 du Code civil brésilien, obtenu le retrait à la vente d’une biographie de Paulo Cesar de Araujo qui lui était consacrée. D’autres personnalités brésiliennes, telles que les chanteurs Caetano Veloso, Chico Buarque ou Milton Nascimento, l’avaient rejoint pour créer un groupe, Procure Saber (« Cherchez à savoir »).

 

Le groupe s’opposait à l’Association des éditeurs de livres (RING), qui demandait l’inconstitutionnalité de l’interdiction biographique. Il espérait une alternative à la censure, permettant aux personnes biographiées d’être rémunérées, et que les écrits ne « violent pas leur vie privée ». (via Zero Hora)