La création d'un Centre francophone du livre, une ONG pour l'édition

Nicolas Gary - 25.08.2014

Edition - International - Cote d'Ivoire - francophonie lecture - livre développement


La Journée du Manuscrit francophonie se déroulera le 24 octobre, et le ministre de la Culture de Côte d'Ivoire, Maurice Bandaman, écrivain et dramaturge avait accepté le rôle de parrain. À l'occasion d'un passage à Paris, le ministre nous a fait part, inspiré par cette Journée, d'un projet spectaculaire pour le monde francophone. Ni plus ni moins que la création d'un Centre francophone du livre. 

 

 

Henri Mojon et Maurice Bandaman

MM. Maurice Bandaman, ministre de la Culture et Henri Mojon, fondateur de Editions du Net 

 

 

Ministre de la Culture, M. Bandaman est avant tout un écrivain qui a déjà eu recours à plusieurs solution pour la commercialisation de ses livres. Pour être passé par l'édition traditionnelle ou encore la publication à compte d'auteur, il a connu les différentes approches éditoriales. « C'est une solution très répandue, parce que les éditeurs ont des moyens extrêmement réduits, dans l'Afrique en règle générale. »

 

Selon lui, le numérique incarne une opportunité, pour l'Afrique, que de développer une édition et une meilleure diffusion pour les auteurs. Le ministre se montre « très soucieux de faire en sorte que cette solution soit une chance pour le pays ». Une approche qui répond d'ailleurs à la politique mise en place par le président ivoirien, Alassane Ouattara, nous précise-t-il. 

 

Son expérience, doublée de la volonté politique du président, l'ont conduit à accepter plus facilement encore le parrainage de la Journée du manuscrit francophonie, organisée par les Éditions du Net. Mais son engagement se concrétisera bien après cet événement. Il désire en effet instaurer une stratégie commune à l'Afrique, en sollicitant ses différents homologues ministres de la Culture, et plus largement, des pays francophones.

 

« Notre idée serait d'initier la création d'un Centre francophone du livre, qui, à l'instar du Centre national du livre en France, serait à même d'apporter des aides directes aux auteurs, aux éditeurs, aux libraires, sur le marché de la francophonie. Une pareille institution devrait conserver une totale indépendance vis-à-vis de la chose politique, et, à cette fin, une mission a été confiée à différentes personnes, à même de viabiliser le projet, de sorte que le Centre francophone du livre dispose de ressources pérennes et récurrentes. »

 

Entretien avec Maurice Bandaman, ministre de la Culture de Côte d'Ivoire

En Afrique, le livre numérique sera l'accès le plus démocratique grâce aux portables 

 

Un organisme de type ONG, qui interviendrait dans chaque pays francophone, en concertation avec les ministres de la Culture. Parmi les personnes intéressées par ce développement, Jacques Attali, qui est récemment intervenu assez frontalement dans le secteur du livre, dans une tribune

Éditeurs et libraires peuvent nourrir, un temps, l'illusion que la baisse du cours de bourse d'Amazon le fera changer de stratégie, cela ne suffira pas. A terme, Amazon installera un monopole, choisira les livres publiés et les langues dans lesquelles il trouvera rentable de les publier. Idem pour les films et la presse. Pour sauver le modèle culturel européen et ses acteurs, il faut imaginer des produits et services nouveaux.

Par exemple, comme les musiciens vivent de plus en plus de leurs concerts et moins de leurs disques, comme les journaux vivent de plus en plus des colloques qu'ils organisent et moins de leurs ventes au numéro, éditeurs, libraires et auteurs, vivront de plus en plus des conférences qu'ils donneront. De nouvelles entreprises proposeront sur internet des services de prêt de livres entre lecteurs : tant de bibliothèques dorment quand tant de gens rêvent de lire !

Aux éditeurs et libraires, pour une fois, d'anticiper sur la prochaine bataille. La diversité de la culture est à ce prix.

 

Un pareil projet sera facilement complémentaire de ce que peut réaliser l'AILF, l'Association internationale des libraires francophones. Cet organisme, créé en mars 2002, se compose d'une quarantaine d'établissements, à travers une trentaine de pays, à l'époque. Aujourd'hui, elle compte une centaine de libraires, répartis sur 60 pays, « avec la volonté d'illustrer le rôle des libraires dans la diffusion et le rayonnement de la langue française et de toutes les cultures où elle s'exprime ». 

 

Une conférence de presse devrait intervenir, au mois de septembre, à la Maison de la Francophonie, le Conseil d'administration de l'OIF ayant également tenu à soutenir la manifestation. Rappelons également que M. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères a apporté un plein soutien à la Journée du manuscrit francophonie.