La culture d'entreprise chez Amazon, revendiquée et défendue par Jeff Bezos

Orianne Vialo - 08.04.2016

Edition - Economie - Amazon - Jeff Bezos - bibliothèque de prêt Kindle


Dans une lettre envoyée aux actionnaires de l’entreprise le 5 avril dernier, le fondateur d’Amazon et chef de la direction, Jeff Bezos, défend les sites de vente en ligne, mais surtout la culture d’entreprise, deux thèmes qui ont fait l’objet d’une enquête particulièrement critique, publiée dans The New York Times l’an dernier.

 

Le stand Amazon au Salon du Livre de Paris 2012

ActuaLitté / CC BY 2.0

 

 

« La raison pour laquelle les cultures d’entreprise sont si stables dans le temps, c’est parce que les gens les choisissent eux-mêmes », a-t-il déclaré dans son courrier. « Une personne stimulée par l’énergie de la concurrence peut être heureuse dans une culture d’entreprise qui va dans ce sens, alors que quelqu’un de créatif, qui aime inventer, peut choisir d’aller ailleurs » a-t-il ajouté, précisant qu’Amazon n’a jamais déclaré que son approche était la « bonne ».

 

En 2015, Amazon avait fait l’objet d’une enquête réalisée sur plusieurs mois par The New York Times, enquête qui fut très médiatisée. Les auteurs de l’article, Jodi Kantor et David Streitfelt racontaient les compétitions internes et la course à la productivité incessantes entre salariés, auxquelles venait s’ajouter un traitement peu soucieux du bien-être des salariés

 

Suite à cet article s’en était suivie une joute entre le leader du commerce en ligne et le quotidien américain, qui se renvoyaient la balle. D’un côté, on retrouvait Amazon, qui estime que les témoignages reçus par le journal sont incomplets et donc inexploitables ; de l’autre, The New York Times accuse la grosse entreprise de vente en ligne d’un manque de transparence concernant les conditions de travail des salariés.

 

Une lettre censée rassurer les actionnaires

 

Cependant, le 5 avril dernier, Jeff Bezos a joué sur les deux services piliers d’Amazon pour expliquer la situation actuelle de l’entreprise aux actionnaires, ces derniers doutant de la rentabilité du groupe en fin d’année dernière. La raison : le titre Amazon a décroché de plus de 9 % en bourse l’année passée. Dans sa lettre, Jeff Bezos a donc misé sur le succès son forfait Amazon Prime (Premium, en France), qui permet aux clients de recevoir leurs commandes en un temps record.

 

Il a aussi couronné de succès le « cloud » Amazon Web Services (AWS), un ensemble de services informatiques distants, fournis via internet par le groupe américain de commerce électronique. 

 

Ce dernier, lancé en 2006, fournit des services en ligne à d’autres sites internet, ou applications clientes (par exemple des fonctionnalités que les autres développeurs peuvent utiliser). Parmi les grands clients de la firme américaine, l’on retrouve la NASA, le service de renseignement extérieur américain (CIA) ou encore Netflix, le service de vidéos à la demande américain. 

 

Des recettes inégalement perçues

 

Rappelons que, malgré les profits record réalisés par Amazon à la fin de 2015, la rentabilité du groupe n’est pas au beau fixe sur toutes les activités du géant américain. En effet, les seuls profits notables du groupe sont issus de son système de cloud, qui est passé de 16,9 % à 28,5 % en seulement un an. La boutique en ligne ne rapporterait, quant à elle, qu’une marge de 0,5 %.

 

Il n’a pas manqué de rappeler : « Cette année, Amazon Web Services a atteint les 10 milliards $ en ventes annuelles. Nous sommes passés de 30.000 employés en 2010 à plus de 230.000 aujourd’hui. (…) Nous avons appris de nos échecs et sommes restés tenaces. Nous proposons désormais près de 70 services de calcul, de stockage, de bases de données et d’analyses. Cette plateforme est accessible depuis 33 zones réparties dans 12 régions géographiques du monde entier. » 

 

Et d’ajouter : « Nous avons amélioré l’offre Prime, en proposant une livraison en deux jours sur près de 30 millions de produits. Nous avons même instauré la livraison le dimanche, et nous avons mis en place la livraison gratuite sur des centaines de milliers de produits pour 35 villes à travers le monde. Nous avons également mis en place un système de streaming de films et de séries télévisées, nous avons créé une plateforme de stockage de photos et de musique, sans oublier la bibliothèque de prêt Kindle. » 

 

Cette dernière fonctionnalité a été lancée en France en octobre 2012. Elle permet aux personnes possédant un Kindle ou une tablette Fire ayant souscrit à un abonnement Amazon Prime d’emprunter gratuitement plus de 200.000 livres — dont plus de 20.000 titres disponibles en français — à raison d’un livre par mois, sans date limite de retour. 

 

(via Independant)