La culture scientifique et technique dans les bibliothèques

Auteur invité - 26.12.2018

Edition - Bibliothèques - culture scientifique bibliothèque - technique bibliothèque sciences - rencontres science livre


Depuis 2017, l’AR2L Hauts-de-France est associée à Ombelliscience dans le cadre d’un cycle d’échanges et d’accompagnement des bibliothèques dans la médiation des sciences. Dans des lieux où la littérature et les sciences humaines sont les disciplines reines, la démarche ne va pas de soi. Pour saisir les enjeux, nous avons interrogé Raphaël Degenne, directeur d’Ombelliscience et David-Jonathan Benrubi, directeur de la médiathèque de l’Agglomération de Cambrai et chef de projet du LABO. 


Mets ta science en récit, session Science en bande dessinée  © Ombelliscience

Eulalie : Créée il y a 20 ans par des établissements d’enseignement supérieur et de recherche, Ombelliscience est une association œuvrant pour le partage des savoirs dans les domaines scientifiques et techniques en région Hauts-de-France. Concrètement, que faites-vous ?

Raphaël Degenne : Nos actions se déclinent autour de plusieurs axes. Premièrement, nous travaillons à « mettre en scène » la science, au travers de la conception et de la mise à disposition d’outils pédagogiques thématiques (expositions, malles et maquettes interactives). Nous avons en outre des activités de « mise en récit » de la recherche en collaboration avec des doctorants qui souhaitent vulgariser et partager leurs travaux, et de « mise en pratique » en proposant à des lycéens de découvrir le monde de la recherche et de l’innovation lors de parcours en laboratoire et dans l’industrie. 

Parce que les sciences sont souvent impliquées dans des problématiques sociétales, nous développons une mission de « mise en débat » afin de favoriser le dialogue science-société au travers de la production d’articles et l’organisation de rencontres. Enfin, en tant qu’Agence régionale de culture scientifique, notre mission est de « mettre en lien » les acteurs travaillant, chacun à leur manière, pour le développement de la culture scientifique en Hauts-de-France. Nos journées professionnelles et formations permettent de partager les pratiques, de se questionner sur nos objectifs, d’identifier des problématiques communes... Nous coordonnons également la « Fête de la science » au niveau régional. 

Pourquoi menez-vous ces actions ?

R.D. :
Nous sommes persuadés que le progrès social réside dans le progrès des connaissances et leur partage. Sciences et techniques occupent une place toujours plus grande dans notre quotidien et ont fortement influencé notre vision du monde et la place de l’humain en son sein. Aussi, nous souhaitons développer l’information et la réflexion des citoyens sur les avancées de la recherche scientifique et des innovations technologiques, qui connaissent aujourd’hui une accélération sans précédent dans l’histoire de l’humanité, ceci afin de favoriser la compréhension du monde dans lequel nous vivons.

Selon vous, qu’est-ce qui lie le livre à la science ?

R.D. :
La science a besoin du livre. Historiquement, il s’agit de son principal vecteur de diffusion. Beaucoup de grands scientifiques étaient aussi auteurs et ont utilisé le livre pour transmettre leurs connaissances issues de leurs travaux d’observation et d’expérimentation. Aujourd’hui, la publication est au cœur du métier du chercheur qui doit faire connaître son travail.
 
Bien entendu, il s’agit de publications dans des journaux dédiés, le plus souvent en anglais et peu compréhensibles pour ceux qui ne sont pas professionnels du domaine. Il existe toutefois une presse spécialisée qui vise à rendre accessible l’actualité scientifique. Ces revues se retrouvent dans de nombreuses bibliothèques et sont un excellent point d’accès. Enfin, il ne faut pas oublier que des ouvrages de vulgarisation aux formats très variés sont édités par des maisons d’édition spécifiques, y compris pour le jeune public.

Travaillez-vous avec des acteurs du livre et de la lecture ?

R.D. :
Étant donné l’enjeu territorial d’accessibilité à la culture scientifique qui nous anime, les bibliothèques et médiathèques sont des partenaires clés. En effet, la taille de leur réseau au deuxième rang après les bureaux de poste comme l’a rappelé le président de l’ABF au congrès 2018 de l’Association des musées, centres pour le développement de la culture scientifique, technique et industrielle (Amcsti) à Lille en fait des interlocuteurs de proximité idéaux pour la mise en œuvre d’actions culturelles sur les sciences. 

Pour les habitants de bien des territoires, la médiathèque constitue le lieu d’accès à la culture le plus proche. Aussi, nous sommes très attentifs aux attentes des bibliothèques en matière d’ouverture aux sciences. À ce propos, un besoin de formation a été manifesté, pour aborder les sujets scientifiques et techniques dans le cadre de leurs actions et programmations culturelles et éducatives. Ombelliscience a donc déjà proposé une formation aux bibliothécaires de l’Aisne avec l’appui de la bibliothèque départementale en 2018. 


Fête de la science (édition 2017), animation à la bibliothèque de Beaucamps-le-Vieux  © Ombelliscience
 

Nous prévoyons de travailler prochainement dans le même sens avec la médiathèque départementale de l’Oise qui nous a invités à son forum professionnel à Pont-Sainte-Maxence le 15 juin dernier. Par ailleurs, nous avons organisé, en lien avec l’AR2L Hauts-de-France, en novembre 2017 à Amiens (au Hub de l’énergie et chez CANOPÉ) une journée régionale d’étude sur la médiation des sciences en bibliothèque. Ces démarches s’inscrivent dans une réflexion nationale partagée avec la Fédération interrégionale du livre et de la lecture (Fill) et l’Amcsti.

Quels conseils Ombelliscience apporte aux acteurs de la lecture publique ?

R.D. :
Celles et ceux qui souhaitent développer un fonds scientifique destiné au grand public le peuvent ! Il existe des ouvrages contemporains passionnants sur de nombreux sujets que nous pouvons recommander. Au-delà des collections, les possibilités d’aborder la science en bibliothèque sont nombreuses : rencontres avec des scientifiques, débats, jeux mettant les jeunes à contribution, par exemple « Jouer à débattre » développé par l’association « l’Arbre des connaissances »... Par ailleurs, notre expérience suggère que s’associer avec des structures éloignées de son domaine d’activité (théâtres, musées, tiers lieux, fablabs...) mène souvent à des initiatives fructueuses. 
 
Les bibliothèques peuvent aussi emprunter nos ressources pédagogiques itinérantes, comme certaines le font déjà. Et puis, pour s’informer sur l’actualité des événements et projets liés aux sciences, techniques et à l’innovation dans la région, visitez le portail Échosciences Hauts-de-France (www.echosciences-hauts-de-france.fr). Il s’agit d’une plateforme collaborative : nous vous encourageons à contribuer pour communiquer sur vos activités, il est même possible de créer une communauté ! 
 

en partenariat avec l'AR2L Hauts de France




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