La Culture, version Sarkozy

Clément Solym - 25.01.2012

Edition - Economie - Nicolas Sarkozy - budget - Pirates


Nicolas Sarkozy avait vivement réagi après la fermeture du site Megaupload jeudi, en saluant l'intervention du FBI. Kim Dotcom, à la tête du site, avait été arrêté en Nouvelle-Zélande (voir notre actualitté). Plus que jamais pirates, sites illégaux de streaming et de téléchargement sont dans le collimateur du gouvernement.

 

Alors que le Parti Socialiste a trouvé sa bête noire, le monde de la finance, Nicolas Sarkozy a quant à lui choisi les pirates. C'est ce qu'il a affirmé mardi lors de son passage à Marseille pour les traditionnels vœux au monde de la Culture. C'est en ce moment la tournée des vœux pour le président qui était hier à Marseille au MuCem (Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée), nouveau musée en chantier.

 

Dans le collimateur du président donc, les pirates, assimilés à une mafia, puisque « nous sommes bel et bien en présence d'une économie mafieuse particulièrement lucrative, qui livre à l'offre légale une concurrence déloyale », rapporte l'AP.

 

Le président a aussi vanté l'effort du gouvernement concernant le budget de la Culture : « Plus la tempête est forte, plus le vent souffle, plus la culture peut servir de boussole ». Décryptage : la culture on y tient. 

 

 

Le président se défend en assurant avoir augmenté le budget de la culture. Si les chiffres lui donnent raison, il convient d'apporter quelques nuances. En quatre ans, le budget a augmenté de 25 %. La subtilité est que Frédéric Mitterrand est à la tête de deux ministères « mission culture » et « communication ». Et sur les 7,4 milliards de budget cette année, 2,09 milliards reviennent à la culture.

 

Un chiffre un peu maigrelet au regard du budget total de l'État. De plus, plusieurs aides, comme l'aide à la presse, ont été attribuées au ministère de la Culture durant ces dernières années. La France est néanmoins mieux lotie que l'Italie et l'Espagne, contexte de crise oblige.

 

La politique culturelle du président largement dénoncée

 

Des contre-voeux ont été organisés avec l'opposition, les syndicats et professionnels de la culture. Les membres d'associations de troupes, cinémas ont répondu présent à l'invitation du maire socialiste du 1er et 7e arrondissement de Marseille, Patrick Mennucci.

 

Le journaliste Frédéric Martel a dénoncé l'instrumentalisation de la culture opérée par le gouvernement. Nicolas Sarkozy « ne s'intéresse pas à la culture qui nous transporte, nous travaille et nous fait comprendre le monde » a-t-il indiqué.

 

On peut rester en effet perplexe face à la vision de la culture du président. Son gros talon d'Achille c'est précisément la culture. Le cinéma ? Heureusement que Carla lui fait découvrir les classiques. Les livres ? La princesse de Clèves s'en souvient encore...

 

La défense des droits d'auteur, on ne peut plus légitime, a parfois tout l'air d'un beau discours appris par cœur. On se souvint encore de Benjamin Lancar, martelant la nécessité de défendre les auteurs lors de la conférence sur les droits voisins du droits d'auteur. Pas de chance, ce n'était pas le bon thème. (voir notre actualitte).