La demeure de JG Ballard, d'une 'tranquillité presque risible'

Clément Solym - 12.07.2011

Edition - Société - ballard - maison - vendre


Les maisons de ces écrivains qui deviennent des musées ne se comptent plus. Celle de JG Ballard est, probablement plus que bien d'autres, inextricablement attachée à son propriétaire. C'est qu'il y aura séjourné durant 49 années, dans cette paisible banlieue de Shepperton...

Mais depuis le décès du romancier, en 2009, Claire Walsh, la compagne de l'auteur, ne s'y sentait plus vraiment bien. Et elle vient de décider de la mise en vente de l'endroit, réclamant 320.000 £, pour ce monument de l'histoire littéraire.

Pas grand-chose, en regard des prix de l'immobilier, et surtout, pour les amateurs d'histoire littéraire, la fin d'une époque... et l'impossibilité du pèlerinage.


C'est dans cette maison que Ballard passait de 10 à 13 heures à écrire, dans son salon, pour une production de 1000 mots chaque jour. Et une carrière de 18 romans, finalement. Et quand on venait lui rendre visite, rappelait Christopher Hitchens, autre romancier, on était saisi du gouffre entre les scènes apocalyptiques de ses oeuvres, et « la tranquillité presque risible » de la zone pavillonnaire.


Difficile de s'attendre, après la lecture de Crash, à ne pas trouver des monstres glauques et des morceaux de chair dans la maison.

Pas de panneau À vendre, planté devant la maison, mais un lieu qui depuis la mort de l'écrivain reste désespérément vide... Et surtout, rapporte une voisine, peu de chance que la maison soit valorisée pour l'homme qu'elle a abrité : peu de gens savent en fait qui il était...