La détention arbitraire du journaliste éthiopien Eskinder Nega

Clément Solym - 20.08.2012

Edition - Justice - Eskinder Nega - Ethiopie - Electronic Frontier Foundation


Le journaliste et blogueur éthiopien Eskinder Nega, a été condamné en juin dernier à 18 ans de prison pour avoir critiqué l'état corrompu du gouvernement actuel du pays. L'Electronic Frontier Foundation (EFF) avait déjà publié un poste mi-juillet dernier, pour faire libérer le condamné, un appel à la solidarité qui a suscité l'intérêt de nombreuses organisations dont Amnesty International et des journalistes du monde entier. Le gouvernement n'ayant pas fait machine arrière à ce jour, EFF relance son appel afin que celui-ci abandonne les charges retenues contre Neba.

 

Les moyens d'action sont les suivants : signer la pétition du Centre américain PEN, qui envoi automatiquement un e-mail au Premier ministre Meles Zenawi, et au ministre de la Justice Berhanu Hailu. Lancer un appel par courrier aux ambassades éthiopiennes.

 

L'International Press Institute a également rédigé une lettre signée par d'éminents journalistes du monde entier pour favoriser sa libération. Lors de sa condamnation le 27 juin dernier, Claire Beston porte-parole d'Amnesty International avait déclaré qu'il s'agissait d'une « journée sombre pour la justice en Éthiopie ».

 

Et en effet, après avoir reçu le 1er mai le prix "Freedom To Xrite", de l'organisme PEN en dépit de sa détention depuis décembre 2011, le journaliste avait pour terrorisme. Il faut croire que pour la justice éthiopienne, la liberté d'expression ne manque pas de synonyme. Mais le jugement s'appuie sur de véritables lois antiterroristes que le journaliste avait en personne dénoncée par le passé.

 

La situation semble plus grave encore, puisque plus d'une centaine d'autres Éthiopiens, dont neuf journalistes, ont été condamnés en vertu de la règle de droit fort imprécise. Edskinder Neba fut par ailleurs le dirigeant d'un groupe de presse éthiopien qui avait soutenu en mai 2005 des contestations populaires à la suite de fraude électorale, il avait déjà été arrêté et inculpé de « renversement de l'ordre constitutionnel » en 2007 puis libéré.

 

Le procureur avait déclaré qu'en « utilisant la liberté d'expression reconnue par la constitution, ces criminels ont tenté de déstabiliser le pays », mais pour l'heure une vidéo circule diffusant divers témoignages plaidant sa cause afin qu'il soit peut-être gracié.