La direction de Bibliothèques et Archives Canada se ravise

Clément Solym - 18.12.2012

Edition - International - Canada - BAC - Emploi


Sous la pression de nombreuses critiques : tandis que Bibliothèques et Archives Canada (BAC) avaient annoncé l'abandon programmé de son service de prêts entre bibliothèques, d'ici la fin du mois de janvier 2013, ainsi que les suppressions d'emplois inhérentes, la direction a été contrainte de se rétracter. Et BAC devrait donc finalement conserver la majeure partie de son service.

 

 

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Nouveau service numérique

 

Marc Comeau, responsable de la communication, a déclaré : « À l'instar de plusieurs grandes bibliothèques nationales dans le monde, BAC entend mettre sur pied d'ici la fin de 2013 un service de prêteur de dernier recours lorsqu'il sera la seule institution au pays à détenir un ouvrage quelconque. Ce service sera offert aux bibliothèques et leurs clients où qu'ils soient au Canada. »

 

Pour fournir les ouvrages de référence, à la demande du client, et peu importe leur situation géographique à travers le pays, BAC faisait le lien, à titre de prêt, entre la Bibliothèque nationale d'Ottawa et les autres institutions publiques de prêt nationales.

 

Or ce service a bien failli disparaître au profit d'un système de numérisation, fondé sur la popularité des sollicitations. Ainsi plus un ouvrage serait demandé et plus il aurait de chance d'être scanné. Et suite à ce nouveau projet, plus de 18 emplois ont été supprimés au sein de BAC.

 

Claude Poirier,  président national de l'Association canadienne des employés professionnels (ACEP), a réagi : « Ce n'est pas clair, ce qui arrivera à nos membres. Pour l'instant, ils ont perdu leur emploi. On arrive à Noël, ça veut donc dire qu'ils vont passer le temps des Fêtes sans savoir ce qui leur arrivera en 2013. »

 

 

Convocation des employé et direction controversée

 

Ce 18 décembre ont été convoqués les employés du service de prêts entre bibliothèques, afin d'être informés sur le nouveau service de prêt, mais également sur le fait que BAC continuera de prêter les ouvrages dont elle a l'exclusivité.

 

À ce jour, aucune offre de réintégration de service n'a été adressée à ceux qui ont récemment perdu leur emploi. Et concernant les suppressions de postes au sein de BAC, des suites des restrictions budgétaires, l'ACEP dénonce le fait que les cadres ne soient pas réellement touchés et que des décisions « scandaleuses » sont prises unilatéralement.

 

Claude Poirier a notamment pointé : « On a appris récemment que de vieux journaux canadiens qui étaient archivés seraient détruits, par souci d'économie. C'est une source d'information majeure qui pourrait disparaître. Les membres sont furieux. »

 

Tandis que le service de communication de BAC, par l"intermédiaire de Marc Comeau, s'est défendu : « Au cours des dernières années, BAC a procédé à l'examen complet de sa collection de journaux reliés, ce qui a révélé qu'une certaine quantité de ceux-ci étaient en très mauvais état et donc impossibles à consulter. Par conséquent, on a décidé de procéder à l'élimination de sa collection des journaux reliés en très mauvais état, mais seulement s'il en possède déjà des copies supplémentaires, soit sur papier, soit sur microfiche. Environ 10% de la collection de journaux reliés sont ainsi visés par cette mesure. »