Formacom : le diplôme de lecteur-correcteur en voie de disparition

Antoine Oury - 29.06.2015

Edition - Société - lecteurs correcteurs - Formacom - fermeture


La disparition programmée de l'école Formacom va laisser des marques sur le métier de lecteurs-correcteurs : l'établissement était le seul en France à proposer une formation diplômante de lecteur-correcteur. Fondée en 1978 par le Syndicat des correcteurs, l'école historique devrait mettre la clé sous la porte fin juillet, début août.

 

 

 

« Pour l'instant, la procédure n'est pas tout à fait lancée, mais le cabinet comptable doit faire une déclaration de cessation de paiements. On devrait passer au tribunal, qui prononcera la liquidation, fin juillet-début août », nous explique Olivier Debanne, responsable administratif et responsable du suivi pédagogique de la formation de correcteurs, un des deux salariés de l'école.

 

En 2012, Formacom avait été placée en redressement judiciaire « dont on s'était sorti », souligne Olivier Debanne, « et nous étions actuellement en plan de continuation, suivi par un mandataire, avec un plan de remboursement de la dette de l'école sur plusieurs années ». Malheureusement, les difficultés de l'école ont été amplifiées par une baisse d'activité très sensible, avec des répercussions évidentes sur une trésorerie fragile.

 

Mi-juin, une nouvelle session d'un an et demi devait démarrer avec une quinzaine de stagiaires. « À la belle époque », précise Olivier Debanne, les promotions rassemblaient une quarantaine de candidats, dont une majorité de demandeurs d'emploi. Ces derniers s'appuyaient sur des aides publiques, notamment délivrées par la région Île-de-France, pour retrouver ou trouver un emploi après formation. Évidemment, ces aides ont disparu au fil des coupes budgétaires, et les étudiants avec. 

 

Le diplôme de lecteur-correcteur délivré par Formacom était homologué au niveau 3, l'équivalent d'un Bac + 2/BTS. La disparition de Formacom, à moins qu'une école ne prenne le relai, signe aussi la disparition du diplôme. Le taux de placement de l'école était assez spectaculaire, à 90 %, un an après la formation : les stagiaires bénéficiaient d'une véritable aide au placement, avec des offres de la presse, d'entreprises de l'édition ou d'anciens élèves, réservées aux élèves de Formacom.

 

« Nous avions quand même de l'argent public pour la formation », précise Olivier Debanne, « mais on ne fait pas partie des secteurs prioritaires, tout comme l'édition et la presse, aux yeux de Pôle Emploi, notamment ». La décision de cesser l'activité, « prise assez récemment », a compliqué la constitution de dossiers, particulièrement en période estivale... Qui risque d'être fatale pour Formacom.

 

Une pétition, adressée à François Hollande et Fleur Pellerin, est en ligne.