La famille du Pianiste de Polanski perd son procès en diffamation

Julien Helmlinger - 01.10.2013

Edition - Justice - Polanski - Pianiste - Procès


Comme en fait état l'AFP, la famille de Wladyslaw Szpilman, protagoniste principal du film Le Pianiste, réalisé par Roman Polanski, a perdu son procès en diffamation contre l'auteure Agata Tuszynska. Verdict a été rendu ce lundi dans un tribunal de Varsovie, tandis que la veuve et le fils du musicien polonais avaient porté plainte après publication du livre Wiera Gran, l'accusée dans lequel leur parent est présenté comme un collaborateur des nazis.

 

 

 

Plainte avait été déposée contre l'écrivaine Agata Tuszynska ainsi que la maison d'édition qui avait publié l'ouvrage. Dans ce livre, l'auteure reprend des propos de la chanteuse Wiera Gran, accusant le célèbre pianiste d'avoir été membre de la police juive dans le ghetto de Varsovie.

 

La chanteuse juive polonaise, avait survécu à l'Holocauste tout comme Szpilman, et n'avait elle-même pas échappé aux soupçons de collusion. Elle en fut accusée devant un Comité de Juifs polonais avant de se voir acquittée, sans être disculpée par ses détracteurs. Suite à ces accusations, Wiera Gran avait émigré en Israël, avant d'atterrir en France où elle est décédée, en 2007, atteinte de la maladie d'Alzheimer.

 

En raison du fait que l'affaire impliquait deux célébrités nationales, le procès a été très médiatisé en Pologne. Au rang des témoins se sont succédé des survivants du ghetto de Varsovie ainsi que l'ancien ministre polonais des Affaires étrangères, Wladyslaw Bartoszewski, qui aidait les Juifs du ghetto pendant la guerre. Autant e témoignages qui ont nié les allégations de la chanteuse.

 

Tandis que le fils du pianiste, Andrzej Szpilman, et sa mère étaient absents de l'audience, le tribunal a néanmoins fait valoir que l'écrivaine Agata Tuszynska avait partagé ses doutes quant au bien-fondé des accusations ayant visé le pianiste. Et ce, « sans jamais partager l'opinion de Wiera Gran ». En conséquence de quoi la plainte est rejetée.

 

À la sortie du tribunal, l'auteure a déclaré : « Je suis heureuse que le tribunal a confirmé que les historiens, les biographes, ont le droit de citer leurs interlocuteurs. Nous pouvons donc citer nos héros, légitimer nos textes les concernant. »

 

L'avocat de la famille plaignante, Maître Dawid Biernat, a toutefois confié que ses clients allaient probablement faire appel de la décision.