La famille du pianiste gagne son procès en appel contre l'auteure Agata Tuszynska

Orianne Vialo - 01.08.2016

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La famille de Wladyslaw Szpilman, le héros du film Le Pianiste de Roman Polanski a enfin eu le dernier mot. Selon l’AFP, ces derniers ont gagné le procès en appel pour diffamation à propos du livre Wiera Gran, l’accusée d’Agate Tuszynska qui avait fait polémique, et dans lequel l’homme avait été accusé d’avoir collaboré avec les nazis. 

 

 

 

 

La précédente décision de justice n’a pas été si bien accueillie par la famille du pianiste de renom, décédé à Varsovie en 2000.

 

En 2013, le verdict avait été rendu dans un tribunal de Varsovie : la plainte déposée à l’encontre de l’auteure Agata Tuszynska — pour ses propos rapportés de Wiera Gran, chanteuse connue dans le ghetto de Varsovie, qui avait accusé son ex-collègue d’avoir été membre de la police juive — et de sa maison d’édition Wydawnictwo Literakie avait tout bonnement été rejetée. 

 

La raison ? Le tribunal avait fait valoir que l’écrivaine Agata Tuszynska avait partagé ses doutes quant au bien-fondé des accusations ayant visé le pianiste. Et ce, « sans jamais partager l’opinion de Wiera Gran ». Aucun moyen ne permettait de démêler le vrai du faux puisque Wladyslaw Szpilman et Wiera Gran étaient tous deux décédés. Une bataille sans pitié opposait alors la maison d’édition et l’auteure d’un côté, et de l’autre, les héritiers du pianiste. 

 

L’auteure du roman Wiera Gran, l’accusée avait à l’époque déclaré : « Je suis heureuse que le tribunal a confirmé que les historiens, les biographes, ont le droit de citer leurs interlocuteurs. Nous pouvons donc citer nos héros, légitimer nos textes les concernant. » À l’issue du procès qui s’est déroulé ce vendredi, Agata Tuszynska déplorait : « Une nouvelle fois, on ferme la bouche à Wiera Gran. Je suis vraiment désolée. » 

 

Andrzej Szpilman, le fils de Wladyslaw Szpilman s’est montré enthousiaste à l’annonce du jugement : « Ce jugement permettra d’améliorer les standards éthiques en Pologne et de remettre en question la notion mal interprétée de la liberté de parole. » 

 

Même si la décision de la Cour d’appel est définitive, les parties peuvent encore se pourvoir en cours de cassation auprès de la Cour suprême. Pour l’heure, l’auteure et sa maison d’édition doivent, selon l’AFP, « publier leurs excuses à la famille Szpilman et retirer les passages incriminés des futures éditions potentielles de l’ouvrage » dans les quinze jours.