La Fédération des Éditeurs espagnols s'emmêle les chiffres

Clément Solym - 08.02.2012

Edition - International - éditeurs - Espagne - comptabilité


L'auteure catalane Liz Castro le confesse bien volontiers sur son blog : « Je n'avais pas du tout l'intention de mettre à jour des erreurs dans le dernier rapport de la Fédération des Éditeurs espagnols sur les habitudes de lecture » mais elle n'a pas pu s'en empêcher lorsqu'elle a lu des résultats qui lui ont paru suspects. Une affaire de chiffres avec mal de tête garanti.

 

Tout a commencé avec une phrase de la première page de ce fameux rapport publié par la Fédération des Éditeurs espagnols : « 73 % des e-books lus ont été obtenus ou téléchargés gratuitement sur Internet, et seulement 36,9 % des personnes interrogées ont déclaré avoir payé pour se les procurer ».

  

Intriguée, Liz Castro poursuit sa lecture et tombe, plus avant dans le rapport d'une quinzaine de pages, sur ce détail des chiffres : « Une donnée importante concerne la façon dont les lecteurs se procurent leurs livres numériques. 73,1 % des e-books ont été téléchargés ou téléchargés gratuitement sur Internet. 37,3 % des personnes interrogées les ont obtenus par un ami ou membre de leur famille, par USB, CD ou mail. Les 36,9 autres % les ont téléchargés sur Internet moyennant un paiement ». (via Pigs Gourd and Wiki)


 

 

La question initiale, communiquée à la blogueuse par la Fédération, était « Comment vous êtes-vous procuré les livres que vous lisez dans votre livre électronique (sic)? » On notera que confier l'étude à des éditeurs n'empêche par les fautes plutôt malheureuses de vocabulaire.  

 

Mais le malentendu repose surtout sur ce 73,1 % : en tant que réponse à la question posée, il désigne bien le pourcentage des interrogés ayant téléchargé gratuitement au moins un livre sur Internet, et non un pourcentage relatif aux e-books eux-mêmes. La question était à réponses multiples, puisque payer pour télécharger un e-book n'empêche pas de choisir gratuit pour une autre lecture.

 

Finalement, c'est toutes les conclusions qui peuvent être revisées :  dans le premier cas, on pouvait conclure que beaucoup d'Espagnols étaient des pirates avérés. Dans le second, on constate juste qu'ils privilégient les livres gratuits.

 

Ce matin même, le rapport a été rectifié par la Fédération, et affiche désormais un flambant neuf : « 73,1 % des personnes interrogées ont déclaré s'être procuré des e-books via un téléchargement gratuit sur Internet, et seulement 36,9% des personnes interrogées ont déclaré avoir payé pour un e-book ». Ça va mieux en le disant.