medias

La fermeture des salles de vente prend les libraires au dépourvu

Clément Solym - 20.09.2012

Edition - Librairies - Livres Diffusion - Editis - salles de ventes


Le Syndicat de la Librairie française (SLF) ne cherche pas à dissimuler l'inquiétude de la profession, dans un communiqué de presse relatif à la fermeture des salles de vente de Lyon, Bordeaux et Nantes. Les librairies régionales craignent de nouvelles difficultés d'approvisionnement, et déplorent le manque de concertation au préalable.

 

 

Librairie Mollat

La librairie Mollat, Bordeaux, Senorita Lena, CC BY-NC-ND 2.0

 

 

Alors que l'e-commerce profite d'une couverture complète pour ses livraisons, les libraires régionaux risquent de payer leur localisation géographique en allongeant considérablement leurs délais de livraison. Des inégalités territoriales qui réapparaissent avec la fermeture des GIE Livres Diffusion de Nantes et Lyon, doublée par celle de Bordeaux, utilisée jusqu'à présent par Interforum. (voir notre actualitté)

 

« Ces salles de vente assurent pour l'essentiel un service de proximité pour des librairies de
petite taille peu ou pas visitées par les représentants de ces groupes d'édition » souligne le Syndicat de la Librairie Française, qui craint un retour de délais intenables pour les commandes d'ouvrages. Mais le SLF pointe aussi les dommages collatéraux : les éditeurs régionaux pourraient eux aussi pâtir de cette nouvelle situation.

 

Vindicatif, le Syndicat s'adresse aux « grands groupes » et leur reproche une décision unilatérale : d'après lui, une « concertation aurait pu permettre d'élaborer des solutions alternatives aptes à maintenir, outre des emplois locaux, un service de proximité qui, par définition, ne peut être assuré par des distributeurs installés en région parisienne, à des centaines de kilomètres de ces librairies. »

 

Comme la rappelle, à plusieurs reprises, le Syndicat, la pression des multinationales de l'e-commerce impose désormais la livraison en 48 heures. Une mutualisation, sans être la panacée, aurait pu fournir une solution convenable, souligne le SLF.

 

Un libraire indépendant de Bordeaux nous explique toutefois que la salle de vente Interforum est plutôt le lieu « des maisons de la presse » qui relaient massivement les nouveautés des éditeurs. « Les libraires l'utilisent plus la première année, quand il s'agit de se constituer un fonds pour la librairie qui vient d'ouvrir », nous explique-t-il, en soulignant que lui réalise ses commandes par Internet ou téléphone, directement auprès du représentant. Par peur de représailles - le milieu du livre est impitoyable - les autres interlocuteurs habitués des salles de vente refuseront de s'exprimer sur la fermeture de ce relais.

 

Finalement, le SLF invite les autres groupes d'édition à suivre l'exemple de Hachette, qui « a en effet décidé de renforcer ses plates-formes régionales de Nantes et Lyon avec une promesse de livraison des réassorts en 48 heures. » Le Syndicat souligne également l'attachement des libraires au transport mutualisé via la plateforme Prisme, et prévient contre toute nouvelle mise à l'écart des librairies régionales.