La grève SFL suspendue : Bompard, Pellerin et El Khomri interpellés

Nicolas Gary - 18.09.2015

Edition - Librairies - SFL Fnac - livers librairies - Alexandre Bompard


Les employés de la Société française du livre, filiale de Fnac, ont décidé de mettre un terme provisoire à leur mouvement de grève. Au cours de la journée du 16 septembre, un comité d’entreprise réuni en session extraordinaire a débattu du projet de déménagement depuis l’entrepôt de Saint Denis à l’espace de Wissous. « Le climat était très tendu », nous raconte-t-on.

 

 

 

Les salariés présent ont pris une photo symbolique avec un cercueil fabriqué par les salariés pour enterrer la SFL et le personnel. En présence de la DRH de Fnac, Emmanuelle Popeler, la réunion a abouti à l’avis négatif des délégués du personnel. Ils ont obtenu qu’une nouvelle réunion de négociations se déroule le 22 septembre prochain. 

 

La délégation du personnel, ainsi que les invités CHSCT ont souligné que « les discussions doivent porter sur les revendications globales des salariés ». À savoir, ceux qui accepteront le déménagement et ceux qui le refuseront. « Ce sont les conditions d’accompagnement des salariés qui pourront venir à Wissous, autant que le sort de plus de la moitié des effectifs qui ne pourront pas suivre la SFL », qui sont en jeu. 

 

« La suspension de grève était conditionnée par l’obtention d’une nouvelle date, même si nous pressentons que la direction la présentera comme une opération d’apaisement de ce mouvement social », poursuit-on. Une communication qui permettrait d’afficher la bonne volonté de l’enseigne ?

 

Dans le même temps, les salariés s’attendent à ce que les lettres préalables à des licenciements économiques puissent arriver prochainement. « Le problème que nous rencontrons est identique à ce qui s’est déroulé lors du déménagement d’Aubervilliers à Wissous. Selon les syndicats de Fnac, nous avons appris que 50 % des gens qui avaient accepté ce déplacement avaient par la suite quitté leur emploi. C’est pour cette raison que nous voulons évoquer la situation qui se dessinera pour tous les employés. » 

 

Implication de la municipalité de Saint-Denis

 

Dans le même temps, nous apprenons que Didier Paillard, maire communiste de Saint Denis, a pris la plume pour s’adresser aux ministres du Travail, Myriam El Khomri, et de la Culture, Fleur Pellerin, ainsi qu’au PDG de Fnac, Alexandre Bompard.

 

Il évoque ainsi « l’allongement considérable du trajet domicile-travail » pour les employés, et dénonce « la situation périlleuse », proposant d’ailleurs de « réfléchir à la recherche d’un nouveau site à l’échelle de l’agglomération de Plaine Commune ». Didier Paillard déplore que « Fnac a continué à capter des dividendes sans procéder aux investissements nécessaires pour développer l’activité de sa filiale ».

 

Le maire fait également part de la « perte de proximité », à même d’impacter « la vitalité du réseau des libraires indépendantes, des petits éditeurs et des bibliothèques municipales ». C’est la filière du livre qui serait ainsi menacée.

 

 

 

Enfin, il insiste auprès de la direction de la chaîne sur l’attachement des salariés à leur entreprise, « qui maintient un haut niveau d’offre de livres et une palette représentative de l’économie du livre ». Déménagement douloureux, « conditions de travail pénibles », le maire demande alors à Alexandre Bompard de « bien vouloir recevoir les salariés de la filiale SFL, afin d’étudier avec eux les conditions de ce déménagement ».