La filière livre : prospectives pour les dix prochaines années

Cécile Mazin - 15.12.2015

Edition - Economie - filière livre - prospectives industrie - développement croissance


La direction générale des entreprises propose une série de recommandations pour soutenir la filière livre. Regards croisés, entre éditeurs, imprimeurs et libraires et prospectives d’ici à 2018 et 2025, pour appréhender tout un secteur. Si le marché reste dynamique, les tirages moyens diminuent et les best-sellers restent prépondérants.

 

Centre d'impression à la demande - PoD Hachette Maurepas

Centre de PoD de Hachette (Maurepas) - ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Avec 5000 éditeurs actifs (au moins 2 titres publiés en 2013), sur 5700 recensés, les trois premiers groupes mobilisent tout de même 50 % du chiffre d’affaires. Or, en matière de fabrication, 30 à 40 % des livres français sont réalisés à l’étranger. L’autopublication et les titres des pouvoirs publics restent majoritairement produits sur le territoire – 80 % et 90 %.  

 

L’analyse proposée « met en évidence, quels que soient ces scénarios, qu’à horizon 2018 et 2025, les volumes de livres imprimés resteront importants, y compris pour le segment du noir. Sur l’ensemble des produits étudiés, hors auto-édition, les tirages moyens poursuivront leur tendance à la baisse et leur dispersion : à une extrémité du spectre, les best-sellers, à l’autre les tirages confidentiels. 

 

Pour répondre à ces diverses hypothèses, les industriels auront intérêt à investir dans des machines à grande capacité, en les conjuguant à des outils performants pour les courts tirages (pas uniquement en numérique) et l’impression à la demande. Autour de ces outils, l’organisation et l’automatisation devront permettre d’optimiser les flux physiques et dématérialisés. Enfin, ils devront développer de nouvelles pratiques commerciales et des modes de collaboration innovants avec leurs donneurs d’ordres et leurs confrères. »

 

Pour arriver à se maintenir, plusieurs enjeux sont dégagés :

 

  1. Le maintien et le développement d’une filière industrielle du livre noir
  2. Le positionnement stratégique et la compétitivité des industriels du livre
  3. L’adaptation aux mutations technologiques
  4. L’efficacité dans les relations entre les acteurs de la chaîne du livre
  5. L’attractivité des métiers de l’industrie du livre
  6. La valorisation du livre imprimé en France
  7. Le positionnement et le développement du savoir-faire français

 

Et bien entendu, des axes répondent aux problématiques, dont toutes découlent sinon du bon sens, du moins de questions largement soulevées. Chaque proposition aborde les différents aspects de l’industrie, autant que les relations entre les professionnels et au sein même des structures. 

 

L’une de celles que l’on retiendra, « Reconnaître le client comme un partenaire », devrait faire sourire certains opérateurs américains, pour qui l’idée est déjà amplement ancrée dans les pratiques. 

 

En début d'année, le président du Centre National du Livre, Vincent Monadé, avait évoqué la possibilité d'accorder une aide supplémentaire aux éditeurs qui imprimeraient en France. « Nous continuerons à imprimer en France », assurait Vincent Montagne, président du Syndicat National de l'édition, qui précisait malgré tout que « la ressource rare est le papier, et nous avons besoin d'imprimeurs solides, capables de réimprimer dans la semaine ».

 

Nous reviendrons dans un second article sur les questions liées au livre numérique, largement abordées.

 

 

  Imprimer en France : l’avenir de la filière livre