La fleur qui pousse à l’intérieur, une librairie “à taille humaine”, ouvre à Dijon

Nicolas Gary - 12.09.2016

Edition - Librairies - librairie ouverture Dijon - La fleur qui pousse à l’intérieur - Dijon place des Cordeliers


La ville de Dijon trouvera bientôt un nouveau lieu de dégustation de gâteaux, thé et livres : La Fleur qui pousse à l’intérieur ouvrira le 15 octobre. Sur la place des Cordeliers, on entend déjà les pages virevolter.

 

 

 

La Fleur qui pousse à l’intérieur sera un établissement indépendant et généraliste, proposant quelques tables pour s’installer, ainsi qu'un coin de lecture et de détente. Clémence Roquefort et Julien Tardif, tous deux sortis d’une formation Métiers du livre, avaient un rêve : à, respectivement, 26 et 30 ans, ils le concrétisent en ouvrant leur propre librairie. 

 

« C’est avant tout une histoire de famille, un projet de vie commune que nous avions », précise Clémence Roquefort à ActuaLitté. « Julien avait fait le master Commiercialisation du livre, de Villetaneuse, et moi celui de Paris X à Saint-Cloud. Nous avions travaillé tous deux dans des maisons d’édition, mais ouvrir une librairie était un rêve ensemble. »

 

Grâce à leurs goûts divergents, mais complémentaires (elle est amatrice de western et de livres de cuisine vegan, lui préfère le romantisme allemand et la science-fiction post-apocalyptique), ils ont à cœur de créer une véritable caverne d’Ali Baba qui tournera autour des livres, du thé... et d’autres surprises encore ! 

 

Pour l’ouverture, les deux libraires échangent avec la Région, susceptible de leur apporter un soutien financier : « le dossier est en cours de montage », indique Clémence Roquefort. Côté Centre régional du livre, l’accompagnement fut avant tout moral, et le dossier a été tout simplement refusé par le Centre national du livre (CNL). « On ignore pourquoi, précisément. Il est possible que la présence du salon de thé ne rentre pas dans les bons critères... »

 

De 6000 à 8000 livres, pour une librairie "à taille humaine"

 

Au menu, donc, thé, café ou chocolat chaud, et une part de gâteau – fait maison ! – pour accompagner des découvertes et des rencontres avec des livres. De la littérature aux livres de cuisine, en passant par la bande dessinée, la poésie, les livres pour enfants, la littérature de voyage ou encore des livres pratiques sur l’écologie et bien d’autres sujets, la librairie promet d’en offrir pour tous les goûts.

 

D’ailleurs ce salon de thé n’a pas, comme pour d’autres établissements, vocation à améliorer les marges de la librairie. « Nous voulions tous les deux créer un lieu plus convivial et chaleureux. De quoi flâner et prendre son temps. » Et si Clémence Roquefort a fait paraître plusieurs ouvrages de cuisine (Larousse, Marabout ou Hachette), les gâteaux, eux, seront réalisés par les deux libraires. « Nous pourrons expérimenter mes recettes, mais j’ai de la chance : Julien cuisine très bien », plaisante-t-elle.

 

Avec 90 m2 de superficie, l’espace mettra en avant des coups de cœur, qu’ils soient nouveautés, originaux, ou intemporels. Les deux gérants ont ainsi comme volonté de privilégier les livres des petits éditeurs, qui se retrouvent bien souvent noyés dans la masse des publications des grosses maisons d’édition.

 

En amont de l'ouverture, « nous avons sollicité la population de la ville, avec un questionnaire qui a reçu près de 500 réponses, très positives. Les gens ont exprimé un besoin simple : disposer d’une librairie à taille humaine, qui manque en regard du nombre de points de vente à Dijon, et en comparaison avec d’autres villes. » 

 

 

 

Le catalogue devrait compter 6 à 8000 titres à l’ouverture, mais, surtout, les ouvertures de comptes se sont déroulées sans difficulté. « On redoutait un peu cela, mais les échanges avec les éditeurs se sont très bien passés. » Un espace qui vient compléter l’offre de la ville, où l’on retrouve « une Fnac, un Gibert, et un Cultura à l’extérieur de la ville. Ensuite, il y a la grande librairie Grangier, très généraliste, et deux librairies spécialisées sur la BD, une sur le manga et une dernière pour la jeunesse ».

 

Quant à l’argent, dans un secteur où les marges sont connues pour être très faibles : « L’important, c’est que l’on puisse payer le loyer. Nos salaires, ce sont les premières choses qui sauteront si le chiffre d’affaires ne suit pas. Libraire, c’est avant tout un métier de passion. »