La Fnac a-t-elle une dent contre les poètes syndiqués ?

Clément Solym - 20.03.2009

Edition - Société - Fnac - licenciement - poète


Depuis que Fnac a annoncé ses intentions concernant la crise et son plan d'action pour sauvegarder 35 millions €, tout en évitant absolument les licenciements, plusieurs réactions nous sont parvenues.

« Le fameux plan de reclassement consiste à nous envoyer en périphérie de Paris à vendre des jeux vidéo (les conventions collectives sont beaucoup beaucoup moins avantageuses) », nous avait écrit une lectrice, travaillant justement au magasin de Bastille, confirmant les doutes de certains au sujet du devenir des vendeurs.

Aujourd'hui, c'est depuis Poezibao qu'un autre appel nous parvient. Jean-Yves Masson, poète et traducteur a contacté le site que pilote Florence Trocmé pour lui faire parvenir une lettre rédigée par Éric Maclos, poète publiée à l'Atelier de la Feugraie et libraire de profession. « C'est lui qui depuis quelques années a fait du rayon "poésie" de la Fnac du Forum des Halles à Paris l'un des meilleurs de France, un lieu où la poésie contemporaine est visible de façon remarquable », explique Jean-Yves Masson.

Mais en ces temps de crise, Éric sera menacé d'un départ imminent, « en raison de ses activités syndicales au sein du groupe Fnac ». Dans une lettre retranscrite sur le site Poezibao, le poète détaille la réalité du plan d'économie Fnac, « qui programme 400 suppressions d’emplois sur Fnac-France, dont 150 en province, 50 au siège, et 200 sur Fnac-Paris. Toujours à Paris, la Direction entend fermer le magasin de l’Opéra-Bastille, le seul de l’Est parisien (70 emplois environ), dans un projet intitulé… “Reconquête du marché parisien” ! »

Nous retranscrivons ici l'intégralité de sa lettre :

« Ce magasin [Bastille], entièrement dédié à la musique et au cinéma, se situe dans les locaux de l’Opéra.

Il participe activement du tissu économique, social et culturel du quartier, et au-delà…

J’en appelle donc à la solidarité interpro, j’en appelle donc notamment aux camarades de la CGT-Culture, qui peuvent efficacement intervenir et sur le site, et auprès du ministère…

Par ailleurs, dans ce combat de longue haleine, nous prévoyons d’organiser des rencontres citoyennes avec les clients, les salariés, des écrivains et des artistes de toutes disciplines…

Toutes les suggestions seront les bienvenues!!!!

Enfin, je dois souligner que la Direction utilise bien entendu tous les moyens de pressions et de répressions pour imposer ses projets.

Ainsi, au Forum des Halles, le délégué syndical CNT, mon ami Jocelyn Faroche, et le délégué syndical CGT, à savoir moi-même, sommes convoqués mardi 24 mars pour un entretien disciplinaire pour sanction pouvant aller jusqu’au licenciement. Nous n’avons nullement l’intention de plier les genoux, et nous entendons gagner ce combat…

Merci d’avance pour tout ce que vous pourrez entreprendre pour nous soutenir, déjà en faisant circuler ce message, puis en venant nous rendre visite, notamment à Bastille…

Bien à vous, fraternellement,

Éric
».

Nous avons contacté Fnac pour tenter d'en apprendre plus sur ces différents points.