La Fnac ne garde pas son SAV et fait appel à un nouveau prestataire

Joséphine Leroy - 06.05.2016

Edition - Economie - Fnac SAV abandonner - Fnac licenciement salariés - prestataire exterieur fnac


Ménage de printemps pour le groupe de distribution ? La Fnac se sépare de son service après-vente actuel et va faire intervenir un prestataire externe, B2S. Reconnu pour ses compétences en matière de service après-vente, le groupe se défend comme il peut, mais les salariés s’inquiètent et les syndicats s’expriment sur le sujet.

 

Dans un magasin Fnac

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Les syndicats se sont exprimés dans les colonnes du Parisien, mercredi 4 mai : « La Fnac, qui a bâti toute sa réputation sur sa relation client, va confier celle-ci à un prestataire extérieur. L’enseigne est en train de perdre son âme », s’est ému Metin Akca, délégué CFTC. 

 

Fnac Attitude et Fnac Direct : 130 salariés menacés 

 

En tout, 130 salariés sont concernés. 90 d’entre eux, travaillant au sein de la filiale de l’enseigne Fnac Attitude ont débrayé tout au long de la journée sur le site de Gagny, dans le département de la Seine Saint-Denis, juste après avoir appris que leur activité serait cédée à B2S.

 

Les 40 salariés de l’autre filiale, Fnac Direct, chargés pour leur part des suivis de commandes Internet, sont aussi susceptibles de voir leurs postes supprimés. « On a découvert notre vente par une simple lettre recommandée reçue chez nous le 23 mars. Jamais la direction ne nous en avait parlé avant », témoigne une déléguée Seci-Unsa au journal Catena Lenzo. 

 

Pas de lien avec le rachat de Darty, selon la direction

 

Daniel Skimoski, délégué Unsa, fait un parallèle entre cette décision et le récent rachat de Darty par le groupe : « La Fnac a mis plus d’un milliard sur la table. Il faut donc qu’elle fasse des économies ailleurs. [...] Ça commence avec nous. Mais à mon avis, d’autres services vont suivre », alerte-t-il.

 

La direction de la Fnac nie cette version : « Cette opération n’a rien à voir avec le rachat de Darty puisque la réflexion de la cession des deux entités est antérieure. » L’argumentaire est classique, c’est celui de la nécessaire adaptation aux fluctuations du marché. « Avec le développement constant de notre activité, nous devons avoir un service client qui nous permette de répondre aux enjeux du marché et B2S est un des leaders du secteur avec des clients Coca, Orange ou SFR. » 

 

Le groupe promet qu’un ajustement avec les salariés est possible : « Grâce à ces professionnels, les salariés d’Attitude et de Fnac Direct auront des opportunités d’évolution. Et il n’y a pas de raison que leurs contrats changent. » 

 

Ce 27 avril, la Fnac avait finalement réussi à arracher le rachat de Darty à son concurrent, Conforama. Après plusieurs mois de bataille acharnée et de surenchères, Conforama avait abandonné la partie. À l’issue de ce succès, les salariés allaient déjà à contre-courant de la satisfaction patronale et craignaient une « situation de surendettement des deux enseignes Fnac et Darty », ainsi qu’une vague de plans sociaux en cas d’échec de la stratégie Fnac.