La Fondation Pearson condamnée à 7,7 millions $ pour malversation

Clément Solym - 16.12.2013

Edition - Justice - éditeur scolaire - condamation - Fondation Pearson


Pour avoir contrevenu aux lois de l'État de New York, la Fondation Pearson, branche caritative du plus important éditeur scolaire américain, Pearson, a été condamnée à verser 7,7 millions $ d'amende. Dont 200.000 $ qui serviront au seul remboursement des frais de justice. L'enquête, menée par le procureur Eric T. Schneiderman, a démontré que la Fondation avait été la société mère à développer des produits qui n'auraient pas dû être commercialisés…

 

 

 

 

D'un côté, ce sont des logiciels et des cours que la Fondation a pu mettre à disposition, de l'autre, des conférences auxquelles des responsables de Pearson ont été conviés, payées par la princesse. Et la condamnation est tombée comme un juste couperet : 7,5 millions de dollars d'amende (hors frais de justice) seront reversés à une organisation dirigée par la Carnegie Corporation, 100Kin10.

 

Cette dernière assure la formation d'enseignants, pour des zones où la demande est forte et dans des thématiques diverses, explique le New York Times.

 

« Le fait est que Pearson est une entreprise a but lucratif, et qu'il leur est interdit par la loi d'utiliser les fonds d'organisations caritatives pour promouvoir et développer des produits à but lucratif », rappelle le procureur dans son communiqué. Et de se féliciter par ailleurs que l'argent de l'amende puisse venir en aide à une organisation de formation de professeurs.

 

Selon les conclusions de l'enquête, Pearson avait commencé à financer, en 2010, et au travers de sa Fondation, des cours accessibles en ligne. À l'époque, ce projet visait à obtenir des dons pour assurer une plus large contribution, notamment de la Fondation Bill et Melinda Gates. « Les dirigeants de Pearson Inc estimaient que l'image de marque de leur société, en association avec celle de la Fondation permettrait d'améliorer la réputation de Pearson auprès des décideurs politiques et de la communauté éducative », précise le rapport du procureur. 

 

Et en effet, en avril 2011, la Fondation Gates annonce qu'elle va travailler avec la Fondation Pearson, pour la création de 24 nouveaux cours accessibles en ligne, et traitant de la lecture et des mathématiques. C'est alors que les cadres de Pearson ont envisagé que ces contenus pourraient être commercialisés, avec une importante source de profits : 15,1 millions $ générés, selon les données du procureur. 

 

Si la Fondation se défend de n'avoir jamais rien fait de mal, elle reconnaît toutefois que les relations avec les dirigeants de Pearson auraient pu être « plus simples et plus transparentes ».

 

En effet, l'autre pan du dossier, ce sont les conférences auxquelles les dirigeants ont été conviés, et qui se déroulèrent à Helsinki ou encore Singapour. Des pays avec lesquels Pearson entretient des relations commerciales. Et en l'absence de responsable d'autres sociétés, l'entreprise Pearson aura pu bénéficier d'un très net avantage.