La formation des fonctionnaires coûte trop cher à l'État

Clément Solym - 20.02.2009

Edition - Société - formation - fonction - publique


Un rapport établi par l'ancien directeur de l'ENA, Raymond-François Le Bris, estime qu'il existe trop d'écoles de formation des fonctionnaires et que de fait, ça entraîne de trop gros coûts pour l'État. Dans ce rapport remis à Éric Woerth, le ministre de la Fonction publique on peut lire : « Il y a une forte dispersion géographique. Cet éclatement géographique, qui est certainement bénéfique pour la vie des territoires, présente une contrepartie : des coûts immobiliers et de déplacements importants ».

Trop d'écoles pour un coût trop élevé


Pour 2007, on a dénombré 169 écoles situées dans 99 villes différentes, révèle l'AFP. Selon l'estimation de Raymond-François Le Bris, la formation des fonctionnaires coûte chaque année à l'État 3,4 milliards d'euros. Un coût trop élevé selon l'auteur du rapport qui n'oublie pas que la politique de modernisation de l'État prévue par la RGPP (révision générale des politiques publiques) envisage de faire baisser le nombre de fonctionnaires en ne remplaçant que la moitié de ceux partant à la retraite.

Raymond-François Le Bris estime aussi que les grandes écoles comme l'ENA, polytechnique et les écoles normales ne se renouvellent pas assez. « Le recrutement dans ces écoles tend à privilégier certaines catégories sociales et d'une manière générale, du fait de la nature et du contenu des épreuves, les enfants de fonctionnaires. Ceci conduit à un système en faible renouvellement ».

Trop de disparité et pas assez de renouvellement

Le rapport fait aussi état d'une trop grande différence entre la formation d'un fonctionnaire de catégorie A et un de catégorie C. Selon le rapport, la formation d'un fonctionnaire de catégorie A durerait quatre fois plus longtemps et coûterait plus de trois fois plus cher que celle d'un fonctionnaire de catégorie C.

Pour remédier à cette situation Raymond-François Le Bris propose de réduire le temps de formation des fonctionnaires et de faire des « regroupements d'écoles et de centres de formation continue sous forme de "centres d'initiation et de perfectionnement professionnel" ».

Afin d'obtenir une plus grande diversité, le rapport préconise aussi la mise en place d'un contrat d'apprentissage applicable à la fonction publique « pour permettre à des jeunes d'âge scolaire de connaître une première expérience professionnelle ».