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La France a mal à ses librairies indépendantes

Nicolas Gary - 23.10.2013

Edition - Librairies - librairie indépendante - fonds de soutien - partenariat


Depuis la Gironde, le Gard, ou Paris, les députés se montrent alertes sur la question des librairies indépendantes. Plusieurs députés, depuis l'Assemblée nationale, ont sollicité la ministre de la Culture ces derniers jours, pour attirer l'attention sur le sort de ces établissements. À travers tout le territoire, les interrogations semblent les mêmes. 

 

 

Librairies de Paris divers

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Martine Faure, député de Gironde (Socialiste, républicain et citoyen) revenait le 8 octobre sur « faiblesses structurelles, conséquences de l'évolution de la société et des pratiques de nos concitoyens », dont la librairie subit les conséquences. Mais pas simplement : les éditeurs indépendants font également « les frais des mutations technologiques, des nouveaux modes de distribution ». Selon leur taille, les établissements n'ont pas les mêmes problématiques, bien que la concurrence soit la même, et plus ou moins complexe à aborder.  

Le petit nombre d'employés interdit de développer l'activité, de créer l'évènement ou de laisser place à l'innovation. Problème de visibilité, déficit de communication, modèle et « process » archaïques..., ces handicaps contribuent à faire de la librairie le commerce le moins rentable de France.

 

Or, revenant sur les Rencontres nationales de la librairie, qui se déroulèrent à Bordeaux les 1er et 2 juin dernier, la députée salue les fonds d'aide et la nomination du médiateur prochaine. Toutefois, « les questions du partenariat et de l'ancrage territorial restent en suspens, quand le dispositif des contrats de progrès pourrait apporter une réponse structurante ». Et d'interroger la ministre sur les mesures qu'elle prendra pour « accompagner les collectivités territoriales à appuyer les professionnels indépendants ».

 

Même son de cloche pour William Dumas, député du Gard (SRC), qui pointe plus particulièrement les difficultés de la région Languedoc-Roussillon, qui à l'instar d'autres régions de France, souffre des difficultés évoquées par la députée Martine Faure. Et d'enfoncer le clou sur les mesures que la ministre prendra pour « réduire les difficultés pour les professionnels indépendants de la filière livre ».

 

Le devenir des librairies Chapitre

 

Le député de Paris (SRC), Pascal Cherki, revient pour sa part sur la vente des librairies Chapitre. La mise en vente des établissements devait conduire à ce que les 57 établissements du groupe, soit 1200 emplois, soient cédés. La décision permettait de mettre en suspens le plan social qui avait été originellement envisagé, avec la suppression de 271 postes. 

 

Or, « ce plan prévoyait la fermeture ou la cession de 12 librairies. En conséquence, il lui demande si des mesures de soutien complémentaires à celles annoncées au printemps en faveur de la création et du développement des librairies indépendantes sont envisagées, et ce, afin d'être en mesure de soutenir le plan de session », souligne le député. 

 

Aurélie Filippetti avait annoncé qu'elle se montrait très attentive à l'annonce du groupe Actissia de vendre ses enseignes. Et pour l'occasion, elle avait assuré qu'elle recevrait les responsables des syndicats et de la direction, pour examiner avec eux les aides possibles. Et de rappeler qu'un plan doté de 11 millions € pour 2014, viendrait en aide aux librairies indépendantes. « Avec ces nouveaux outils, et sans exonérer pour autant le groupe Actissia de ses responsabilités économiques et d'employeur, le travail de soutien des pouvoirs publics au maintien de l'activité de librairie, partout où cela est possible, sera poursuivi et intensifié à l'échelle des 57 magasins concernés. »

 

Un puit sans fonds ?

 

Reste que parmi les sommes venant abonder les différents fonds d'aides aux librairies, le président du Syndicat national de l'édition avait assuré que les éditeurs offriraient 7 millions €, que l'ADELC gérerait. Pourtant, ce fonds devait en partie profiter de la baisse de la TVA sur le livre, qui au 1er janvier devait passer de 5,5 % à 5 %. 

 

Mais en fin de semaine dernière, l'Assemblée nationale avait décidé d'abandonner ce projet, pour réaliser 750 millions € d'économies. Une décision qui, durant les échanges à l'Assemblée nationale hier soir, a été définitivement validée, et bien que le Budget doive être examiné par les sénateurs le mois prochain, cette mesure ne devrait pas être retoquée. Qu'en sera-t-il de la constitution de ce fonds ?

 

Le SNE, avait été contacté sur ces questions et précisait à ActuaLitté que sa position restait pour l'heure la même que celle déjà exprimée. Les éditeurs souhaitent soutenir la librairie, de façon volontariste, et l'appel à contribution volontaire d'éditeurs à l'ADELC n'est pas du tout levé. « Chaque éditeur décidera de sa contribution, c'est un don volontaire. » 

 

Wait and see, donc...