La France aux Archives, Noël à la dérive

Clément Solym - 11.10.2010

Edition - Bibliothèques - maison - histoire - france


Depuis septembre dernier, et épaulé par un budget 2011 intéressant, comme le dévoilait le ministre de la Culture, le président de la République veut sa maison de l'histoire de France.

Et pas n'importe où, qu'il la souhaite, le petit Nicolas : aux Archives nationales. Une décision un peu « précipitée », estime l'Association des Archivistes français, pour qui le président s'est probablement emporté un chouia.


En effet, avec les équipes des Archives nationales, l'AAF redoute « de voir remis en question près de dix ans d’efforts collectifs et de travail de réflexion sur l’avenir de leur institution ». D'un côté, on trouve en effet cette maison de l'histoire de France qui sur le papier est intéressante, mais passablement incomplète, quand de l'autre, la dynamique des Archives nationales n'est plus autant soutenue.

« À la protestation qui s’exprime depuis plusieurs semaines, l’AAF apporte donc un soutien à la mesure de la forte attente que suscite le développement du projet des Archives nationales auprès de l’ensemble du réseau des archivistes français, des secteurs public et privé. » Qu'on se le dise !

En outre, il semble incongru de remettre en question le projet et l'approche scientifiques qui règnent dans les Archives, attendu que ce projet « constitue la clé de voûte et la finalité principale du patrimoine archivistique ». On ne fait pas que stocker, aux archives : on constitue un fonds de « ressources dynamiques, un foyer de réflexions et de recherche, un espace démocratique de découverte et de débat : de ce point de vue, détacher le développement de la Maison de l’histoire de France des archives et des archivistes serait une erreur ».

Re-bim.

Et de conclure dans leur communiqué que la création de la maison de l'histoire de France ne pourra pas se faire sans une consultation et en concertation étroite avec les professionnels des archives.