La France engagée dans la défense du patrimoine du Mali

Cécile Mazin - 18.02.2013

Edition - International - Aurélie Filippetti - manuscrits - Mali


Présente au siège de l'UNESCO, pour ouvrir « la cérémonie de solidarité en faveur de la reconstruction du patrimoine du Mali », la ministre de la Culture a assuré de l'aide prochaine de la France. Et s'il s'agit bien de défendre le pays, il n'est pas question d'intervention militaire. Ici, c'est la culture qu'il faut défendre. 

 

 

Tombouctou, Mali

Les mausolées de Tombouctou

steffen.dubouis (CC BY ND 2.0)

 

 

Différents représentants des cultures malienne et africaine étaient présents, et la ministre d'évoquer, face à eux, l'histoire du pays. « Au quatorzième siècle, Tombouctou, centre commercial majeur et capitale intellectuelle reconnue, se pare de mosquées et de lieux saints telle la célèbre mosquée de Djingareyber dont l'imam-adjoint est aujourd'hui présent parmi nous. »

 

L'occasion également de parler des fameux manuscrits de Tombouctou, qui ont été au coeur de l'actualité ces dernières semaines. 

Véritable carrefour, Tombouctou s'identifie dans le monde entier à ses manuscrits qui portent les valeurs de la cité. Les intellectuels abordent les thèmes religieux ou séculiers dans leurs ouvrages. La liberté de pensée en est le ferment et le ciment. Copiés, vendus, les manuscrits passent de main en main et rayonnent bien au-delà du continent africain. Très tôt se constituent des bibliothèques privées.

On estime que le célèbre Ahmed Baba, au XVIe siècle, en possédait plus de 1600. Cet intellectuel sut allier la pratique politique à la théorie philosophique quand Tombouctou fut envahie, incarnant alors un esprit de résistance dont les habitants actuels sont les dignes héritiers.

 

Aujourd'hui, le Mali dispose d'un héritage culturel qui a été menacé par la rébellion : en dépit de la destruction des mausolées, ou de la poursuite des manuscrits émanant d'un fanatisme évident, pointe la ministre, le Mali a su protéger ses trésors. Aurélie Filippetti salue ainsi « les habitants de Tombouctou et vers tous les Maliens qui ont, dans une situation extrêmement dangereuse, préservé les manuscrits de la destruction. Le courage dont ils ont fait preuve pour sauver ce patrimoine exceptionnel mérite notre respect, notre admiration et notre reconnaissance ».

 

Plusieurs établissements, sous tutelle de la direction générale des patrimoines, ont été sollicités par la ministre pour « définir un plan de coopération et d'actions réalisables à court et moyen terme pour la reconstruction du patrimoine du nord Mali ». On compte ainsi la bibliothèque nationale de France, le Musée national du Quai Branly, le laboratoire CRAterre-Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Grenoble et l'Institut national du patrimoine.

 

Une première mission d'évaluation des dégâts enregistrés au cours des 10 derniers mois sera la phase un d'un plan plus large. Ensuite, pour assurer la conversation et la valorisation du patrimoine, une campagne de numérisation, menée par la BnF, sera mise en place. Anticipant les désirs de la ministre, la BnF avait déjà proposé son aide, début février, pour assurer ce processus de numérisation.

 

« Elle apportera une assistance technique aux sites maliens inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO, grâce à la convention France-UNESCO. Elle participera à la valorisation et à la protection des centres historiques et urbains maliens, forte de l'expérience développée en la matière par les directions régionales des affaires culturelles et par l'Association nationale des villes et pays d'art et d'histoire et secteurs sauvegardés. Elle luttera, enfin, contre le trafic illicite des biens culturels. Vous aurez l'occasion de débattre de ces propositions cet après-midi. »

 

Le tout pour aider le pays à restaurer son patrimoine.

 

  130218 - discours Unesco pour le Mali.pdf by   ActuaLitté