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La Friern Barnet Library, refuge des squatteurs et des désaxés...

Clément Solym - 12.09.2012

Edition - Bibliothèques - Friern Barnet Library - squatteurs activistes - volontaires


Quand les bibliothèques ferment, il y a fort à parier que les usagers ne sont pas mieux lotis, voire même pas lotis du tout. Huit squatteurs se sont ainsi réfugiés dans la Friern Barnet Library, fermée en avril dernier comme pas mal de bibliothèques en Grande-Bretagne, pour protester. Et se sont finalement lancés dans l'aventure de la gestion volontaire, avec l'aval du district.

 

 

 Phoenix et son pote, nouveaux bibliothécaires (via brokenbarnet)

 

 

Depuis le 1er septembre, squatter une propriété résidentielle est considéré comme un crime en Grande-Bretagne, et se faire attraper façon Boucles d'Or peut coûter bien plus cher qu'auparavant. Les huit squatteurs « professionnels » se sont donc introduits dans la Friern Barnet Library, fermée depuis quelques mois à la suite des coupes de budgets validées par Ed Vaizey, le ministre de la Culture britannique. (voir notre actualitté)

 

« Depuis qu'elle a fermé, moi et mes enfants sommes obligés de prendre le bus pour aller emprunter un livre » souligne une mère de famille. Le district a tenté pendant un moment de vendre la gestion volontaire aux habitants du quartier, mais ces derniers n'ont rien voulu entendre après le départ de leurs bibliothécaires habituels. Alors, forcément, ils ont vite noté que la vie reprenait derrière les portes closes...

 

Étudiants, artistes, anciens bibliothécaires, le petit groupe veut que le bâtiment reste « une bibliothèque  et un espace d'accueil ». Et le prouve : ils ont ouvert les portes de la bibliothèque pour reprendre le travail là où il avait été brusquement arrêté. Trop heureux de l'aubaine, le conseil du district a accepté de rencontrer le groupe d'activistes pour discuter d'une gestion volontaire.

 

« Nous continuons le dialogue avec les militants, mais la procédure légale a commencé pour expulser les occupants. Aucun papier n'a pour l'instant été signé, mais le conseil a le devoir de protéger les biens publics » explique une porte-parole du conseil de Barnet. Curieusement, les activistes, qui se battaient contre la fermeture de l'établissement, ont décliné l'invitation des squatteurs à rejoindre leur troupe.

 

Mike Gee, un habitant du quartier, s'inquiète de la politique locale : « Est-ce que le conseil paye un bibliothécaire pour son travail, ou est-ce que le chef du conseil, qui gagne 10 fois le salaire d'un bibliothécaire, cherche des volontaires pour faire le boulot gratis ? » Pour le premier anniversaire du mouvement Occupy, les squatteurs ne pouvaient pas forcer une meilleure porte.