La galère des écrivains US pour décrocher une bourse

Xavier S. Thomann - 02.03.2013

Edition - International - Hector Tobar - LA Times - NEA


L'écrivain et journaliste du LA TImes, Hector Tobar, raconte dans les colonnes du journal le calvaire que représente une demande de bourse de la part du NEA (National Endowment for the Arts). Non pas parce que cette organisation gouvernementale américaine n'a pas d'argent, mais parce que la demande en ligne n'est pas des plus aisées. 

 

 

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Jonathan Franzen

Tulane Public Relations, CC BY 2.0

 

 

C'est même le moins que l'on puisse dire, surtout que peu d'écrivains sont connus pour leurs talents informatiques. À de rares exceptions près, c'est même une condition pour écrire de bons romans. Certains ont même des rapports étranges à la chose : Jonathan Frantzen par exemple a enlevé le port Ethernet de son ordinateur pour ne pas aller sur Internet. 

 

Toujours est-il que ceux d'entre eux qui souhaitent une bourse pour se consacrer plus tranquillement à leur travail d'écriture doivent allumer leur ordinateur et se connecter au Web. Mais ce n'est que le début du cauchemar. Pourtant, beaucoup ne peuvent se permettre de faire la fine bouche dès lors qu'il s'agit d'empocher 25,000 dollars. 

 

Sitôt le processus de demande lancé, le pauvre écrivain se retrouve lancé dans un labyrinthe kafkaïen dont l'issue est incertaine. Sur Twitter, on voit que certains postulants n'ont toujours pas réussi à envoyer les formulaires quatre jours après avoir commencé. Les écrivains sont-ils si nuls en informatique ? 

 

Pas si sûr. Le petit récit des mésaventures d'Hector Tobar est éloquent. Passé la lecture des instructions, guère plus claires que pour un meuble Ikea visiblement, il faut se sortir d'un fichier PDF incompréhensible, indispensable pour accéder aux autres formulaires (ce que l'on comprend après lecture des 3,000 mots d'instruction). 

 

Et puis il ne faut pas oublier les questions inhabituelles, du genre de celles qu'on ne trouve quasiment jamais dans des formulaires. Il faut notamment savoir dans quelle circonscription électorale on réside. Pas forcément la première préoccupation de tout un chacun. 

 

Bref, celui qui bénéficiera de cette bourse l'aura bien mérité.