La Global Book Alliance avance dans la création d'un Fonds mondial du livre

Clément Solym - 12.10.2016

Edition - International - fonds mondial livre - Global Book Alliance - ouvrages scolaires enfants


Depuis plusieurs mois, l’UNESCO plaide pour la constitution d’un Fonds mondial du livre. Dans son rapport diffusé en janvier dernier, le constat était simple : « Chaque enfant devrait avoir un manuel. »

 

 

 

Au départ une étude estimant que l’on pouvait réduire de 3 $ US le coût des manuels scolaires et dans le même temps parvenir à un milliard $ d’économie sur les fournitures — pour le seul territoire d’Afrique subsaharienne. Pour le Kenya, on parlait de 64 millions $ d’économies possibles, et 33 millions $ pour le Malawi. 

 

Le Fonds mondial du livre aurait pour mission d’opérer cette coordination, qui permettrait d’augmenter les ressources extérieures destinées aux manuels scolaires. L’importance des livres dans l’amélioration de l’apprentissage n’est plus à démontrer, et c’est ce mouvement que la création du Fonds souhaite accompagner.

 

Début septembre, l’Alliance mondiale du livre – Global Book Alliance – a remis une étude de faisabilité de son projet, présentée lors de la Journée mondiale de l’alphabétisation. 

 

Le projet est en cours de structuration, et réunit le soutien de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), de l’Agence norvégienne de coopération pour le développement (NORAD), du Département britannique pour le développement international (DFID) et de l’Alliance mondiale pour la lecture (GRN), avec le partenariat technique du Groupe de travail sur les livres et le matériel éducatif de l’ADEA (Association pour le Développement de l’Éducation en Afrique), explique l’Alliance internationale des éditeurs indépendants.

 

Dans les propositions conctères, résumées par l’Agence pour le Développement de l’Éducation en Afrique, plusieurs recommandations sont adressées à la GBA : 

 

  1. qu’elle devienne la source privilégiée en matière de connaissances et de meilleures pratiques sur l’élaboration, l’acquisition, la distribution et l’utilisation efficaces des manuels scolaires et des livres de lecture ; préconisant et inculquant aux uns et aux autres l’importance des supports de lecture 
  2. qu’elle rassemble les donateurs et les diverses parties prenantes afin de coordonner les questions liées à la chaîne d’approvisionnement et de favoriser le dialogue politique à long terme 
  3. qu’elle aide les pays à rendre leurs chaînes de librairies plus efficaces grâce aux financements, aux conseils techniques et à l’apprentissage conjoint, de sorte que les livres parviennent effectivement aux apprenants à un coût raisonnable et soient ensuite utilisés par ceux-ci et les enseignants.

 

 

Et d’opérer plusieurs constatations :

 

  • il y a un manque de sensibilisation des gouvernements, des parents et des enseignants quant à la contribution des livres et de lecture à la facilitation de l’alphabétisation ;
  • les pays à revenu faible et intermédiaire doivent dépenser entre 3,1 milliards de dollars EU et 3,9 milliards de dollars EU par an pour satisfaire à une norme minimale théorique relative aux livres pour tous les élèves de l’enseignement préscolaire et primaire. Toutefois, des travaux de recherche sont nécessaires pour se faire une idée de taille de marché plus réaliste, actuelle et à laquelle l’on peut s’attaquer ;
  • le coût pour exécuter un programme de lecture numérique basé sur un modèle de bibliothèque est approximativement 12 à 13 fois plus élevé que celui d’un programme analogue d’impression de livres de lecture. Toutefois, pour les programmes structurés de lecture où chaque enfant lit le même livre au même moment, les programmes numériques sont moins coûteux par enfant que les programmes d’impression ;
  • les défis courants de la chaîne d’approvisionnement sont notamment la faible prévision de la demande, les systèmes de gestion de piètre qualité, l’insuffisance du financement, le manque de personnel qualifié et l’inefficacité de la distribution ;
  • beaucoup d’enseignants ne savent pas comment exploiter convenablement les livres en classe et comment créer et gérer des bibliothèques scolaires et de salle de classe.

 

 

(via ADEA)

 

 

L’étude de faisabilité dans son intégralité