La grande aventure de la construction de la Statue de la Liberté

Julien Helmlinger - 30.06.2014

Edition - International - Elizabeth Mitchell - Liberty's Torch - Statue de la liberté


S'ils sont peu nombreux à se souvenir encore d'Auguste Bartholdi aux Etats-Unis, le sculpteur alsacien du XIXe siècle est celui à qui l'on doit l'un des symboles américains les plus populaires de par le monde : la Statue de la Liberté. Avec son nouveau livre Liberty's Torch : The Great Adventure to Build the Statue of Liberty, l'auteure Elizabeth Mitchell entend y remédier. Prenant le monument et son créateur français pour protagonistes, elle nous invite à redécouvrir l'histoire de la conception, de la vente et de l'érection du plus célèbre monument new-yorkais.

 

 

 

 

Pour éviter de rendre son bouquin aussi ennuyeux qu'un compte-rendu de chantier de construction, Elizabeth Mitchell s'est offerte quelques libertés. Des personnages contemporains, comme  Victor Hugo, l'ingénieur Gustave Eiffel ou encore Joseph Pulitzer sont également du récit. Car quand l'auteure évoque la « grande histoire » dans son titre, elle sous-entend non seulement celle qui s'est déroulée aux Etats-Unis, mais aussi celle faite d'anecdotes étrangères comme celle du Siège de Paris en 1870.

 

Son exposé des faits est empreint d'une certaine ironie. Si Hollywood nous filme volontiers la Statue comme un symbole de liberté et d'espoir pour toute une nation, à l'origine le monument n'aurait résulté que de la volonté d'un seul homme ayant simplement souhaité ériger un monument grandiose. Bartholdi est né à Colmar, avant de se rendre à Paris pour y étudier l'architecture. On l'a ensuite envoyé en Egypte où sa misson était de photographier les principaux monuments historiques.

 

Sur le navire se rendant au pays des pyramides, Bartholdi rencontre Ferdinand de Lesseps, l'homme qui allait construire le canal de Suez et lui donner l'envie de bâtir lui-aussi quelque chose de gigantesque. Seulement, ce projet n'était pas réalisable en Egypte, ni même à Paris, ville politiquement agitée où l'on versait plutôt dans les fortifications en amont du conflit franco-prussien à venir. Bientôt, il se tourne vers l'Amérique.

 

D'abord envisagée comme un monument à la gloire du capitalisme, puis comme un phare, la statue allait finalement symboliser la bonne entente entre les Etats-Unis et la France ainsi que l'indépendance américiane. Si l'île de Bedloe allait être désignée comme lieu idéal pour réceptionner la statue, la collecte de fonds ne fut pas une mince affaire. Aussi, le célèbre Pulitzer en personne y alla de sa contribution en promettant aux bailleurs un peu de publicité gratuite dans les pages du New York World. La banqueroute menaça le projet à plus d'une reprise, et les bâtisseurs n'en étaient pas à leurs dernières difficultés. 

 

La main et le flambeau, premières réalisations de la statue exposées comme un avant-goût, allaient attendre le corps de la Liberté à Madison Square, depuis 1877 jusqu'en 1886. A l'arrivée du corps, quelques 220 caisses dûrent alors être assemblées façon puzzle, et par un temps exécrable. Une période de 9 ans au cours de laquelle les essais et déconvenues se multiplièrent jusqu'à l'inauguration officielle du monument :  le 28 octobre 1886. Ce jour-là, des milliers de spectateurs se sont rassemblés, au son des fanfares et des cloches.

 

Et là, Bartholdi, sur un malentendu, aurait commis une petite erreur protocolaire au moment d'entrer dans l'Histoire, en laissant tomber un peu trop tôt au cours de la cérémonie la draperie qui recouvrait le monument.

 

(via LA Times)