La gratuité d'un texte sur le net, c'est le vol... de l'éditeur ?

Clément Solym - 18.08.2009

Edition - Société - gratuité - texte - internet


Dernier point à raporter de cette émission sur France Inter, Ça vous dérange : l'intervention d'un jeune auteur qui a décidé de se passer des obstacles de l'édition actuelle pour préférer ouvrir une page web sur laquelle on peut lire ses textes. Avec un peu de notoriété, estime-t-il, il accédera au statut d'auteur éligible à une maison d'édition. En même temps, si l'on ne lit pas de grande littérature sur lecteur ebook, que lit-on sur internet ?

Erreur de jeunesse : donner gratuitement ses textes à lire n'est pas conseillé par l'éditeur de Stock. Une gratuité qui dérange ? Attendons un peu. En effet, l'éditeur explique que le métier se fait après lecture des manuscrits reçus - et l'on sait qu'il y en a trop, bien sûr - et qu'en fonction des éditeurs, le choix se fait, par affinités, ressenti, etc. Dès lors, un auteur qui ferait le tour des maisons d'édition trouverait forcément chaussure à son pied, et serait à un moment ou un autre accepté quelque part.

Ça, c'est la théorie.

En pratique, l'autoédition a le vent en poupe : il s'est publié plus d'ouvrages autoédités l'an passé aux États-Unis que de livre qui auront transité par une maison d'édition historique. Dans ce contexte, l'impression à la demande aura connu un décollage foudroyant, expliquions-nous, chose qui met quelque peu à mal les maisons historiques.

En outre, si la pratique se démocratise et que l'on arrive à un certain Stock Seuil niveau, alors cette pratique pourrait parvenir à une véritable légitimité, qui renverserait le pouvoir établi des éditeurs actuels. D'autant que, dans le cadre de l'impression à la demande et de l'autoédition, on se souvient que certains ont connu des réussites qui les ont même conduits à voir leurs droits sur un ouvrage rachetés par un éditeur installé.

L'exemple de Orgueil et préjugés et zombies en sera l'un des meilleurs. Rare, mais excellent...