La gratuité des prêts musicaux adoptée dans la Ville de Paris

Antoine Oury - 16.12.2014

Edition - Bibliothèques - prêt CD musique - bibliothèques Paris - gratuité des prêts


La gratuité des prêts de CD en bibliothèques était en réflexion au sein du Conseil de Paris, réunissant 163 conseillers auprès de la maire de la ville Anne Hidalgo, depuis le 17 juin dernier. Le Conseil avait adopté un voeu municipal dans ce sens, qui avait été pourtant retoqué par Bruno Julliard, l'adjoint à la culture de Paris. Mais la raison du plus sensé est heureusement sortie victorieuse. 


médiathèque (ORANGE,FR84)

(jean-louis Zimmermann, CC BY 2.0)

 

 

La présence de la musique, au format physique qu'est le CD, au sein des médiathèques est débattu depuis quelques années : certains estiment que les établissements de prêt devraient se tourner vers les contenus dématerialisés, et des municipalités, donc celle de Paris, ont entamé la fermeture de services au sein de petites structures. Quoi qu'il en soit, le sujet suscite d'intenses débats, particulièrement chez les professionnels concernés, qui militent pour le maintien de cette offre de prêt.

 

Dans la plupart des municipalités, l'accès aux CD est payant, quand le prêt des livres est gratuit. Ainsi, Bruno Julliard, adjoint chargé de la Culture s'était montré opposé au principe de gratuité pour la musique dans les bibliothèques, mais manifestement, le Conseil de Paris est passé outre. Les élus communistes et front de gauche, associés aux écologistes ont obtenu la gratuité du prêt de CD pour les mineurs, ainsi que les bénéficiaires de minima sociaux.

 

Bien entendu, les CD sont moins empruntés dans les établissements, et, pour le syndicat CGT, la Mairie aurait pris pour prétexte ce point comme d'« un prétexte qui lui permettra de récupérer des postes budgétaires de personnels et les sommes allouées aux acquisitions ».


Toutefois, un rapport portant sur L'avenir de la musique dans les bibliothèques de la ville de Paris, (voir en fin d'article) pointait que faire disparaître cette offre était une erreur.

Il nous apparaît donc important que le Réseau des bibliothèques dispose d'une instance qui suive la mise en œuvre des mesures qui auront été retenues, mais qui, également, exerce une veille sur l'évolution de la musique en discothèque, et réalise des travaux d'étape pour prendre en compte une situation nouvelle, en faire l'analyse et préconiser des solutions adaptées.

 

Il semblait en effet intéressant d'envisager des initiations à l'écoute musicale, mais également de proposer une gratuité pour le prêt. « Nous constatons que le réseau parisien est l'un des rares à percevoir des droits spécifiques sur les supports musicaux. Une situation d'autant plus paradoxale que l'emprunt des livres est gratuit. La gratuité, cette doctrine immuable à la Ville de Paris est pourtant loin d'être la règle générale dans les autres collectivités. Ce traitement différencié a un effet stigmatisant, laissant penser que la musique est soumise à droit tandis que seule la lecture serait un droit fondamental », pouvait-on lire dans le document.

 

Si l'adjoint à la Culture avait exprimé des réserves, ces dernières ne semblaient pas solidement motivées. D'une part, il invoquait une tradition du paiement pour les emprunts de CD dans la ville. D'autre part, la recette issue de ces abonnements n'était pas négligeable. Sauf que les forfaits sont de 30 € pour les CD et 61 € pour les CD et DVD, rappelle le syndicat.

 

Toutefois, les élus ont finalement décidé d'adopter le principe de gratuité, considérant que « les espaces discothèques implantés dans de nouveaux établissements et disposant d'un fonds important rencontre un réel succès ». Si la culture doit être un bien accessible à tous, il importe tout particulièrement que, dans les établissements de prêt, la musique ne soit pas discriminée.

 

Et les conseillers parisiens d'ajouter : « Il faut que soit anticipé au budget 2015 la possibilité de mettre en place la gratuité des prêts musicaux en direction des mineurs et des bénéficiaires des minima sociaux. » Le budget devra donc prendre en compte cette nouvelle donnée – et la perte de recette associée.

 

Reste que pour convaincre...