La guerre commerciale entre Chine et USA finit par crucifier la Bible...

Nicolas Gary - 13.07.2019

Edition - Economie - Bible impression - Chine Trump - taxes douanes


On en poufferait devant l’absurdité de la chose : les relations entre Donald Trump et Beijing n’ont rien de la lune de miel. Les négociations entre les deux pays tournent régulièrement en eau de boudin, avec des dommages collatéraux un peu partout. Au cœur du problème, la hausse des droits de douane. Et pour effet boomerang de provoquer une tempête dans les bénitiers… 


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Les éditeurs jeunesse avaient déjà hurlé au meurtre et à l’assassinat : la plupart des ouvrages un peu complexes sont en effet réalisés et imprimés en Chine. Or, la hausse des droits de douane sur ces marchandises poserait de furieuses questions de rentabilité pour le secteur, passablement menacé. 

Du bras de fer commercial à la sauce piquante

L’idée géniale de Trump a été de réévaluer les taxes douanières, passées de 10 à 25 %, sur les quelques 200 à 300 milliards $ de marchandises importées. Pour l’édition, c’était la culture qu’on égorgeait : impossible d’absorber de pareilles hausses de prix, sans les répercuter sur le tarif de vente public. Et des livres devenus trop chers sont avant tout des livres qui ne se vendront plus. Bref, tout l’édifice tremblait.

Jusqu’à présent, le passage à 25 % de frais de douanes, une sacrée barrière pour le commerce chinois, n’était qu’une tentative d’intimidation de Trump pour contraindre Xi Jinping à se rendre au G20. Comme les documents imprimés figurent sur la liste des produits auxquels s’appliquera la surtaxe, on se ronge les ongles avec acharnement dans l’industrie américaine du livre.

Et désormais, outre l’édition jeunesse, c’est le secteur religieux qui claque des dents. Sur le premier semestre 2019, ce dernier connaît une croissance de 9,5 %. Sur l’année 2018, le secteur avait généré 1,22 milliard $ de chiffre d’affaires, avec une croissance de 14,7 %… et plus de 75 % des ventes en format imprimé.

On commence à voir poindre le petit rouleau de printemps qui reste coincé en travers (laqué) de la gorge. 

La Chine, plus gros imprimeur de bibles au monde

« En raison des besoins spécifiques en papier, en impression et en production pour la Bible, aucun fournisseur américain ne pourrait produire une part significative du volume nécessaire, face à la demande du marché américain », a indiqué Mark Schoenwald, PDG de Christian Publishing, filiale de HarperCollins. Possédant 38 % du marché biblique sur le territoire, ce dernier sent venir des temps difficiles, provoqués par la hausse des taxes. 

Mais il n’est pas seul, parce que la très grande majorité des bibles vendues aux États-Unis sont en effet imprimées en Chine — depuis 2012, le pays est devenu le plus important producteur du texte sacré… « Nous croyons que l’administration n’était pas consciente du potentiel impact négatif des hausses de tarifs douaniers, et qu’elle n’a jamais eu l’intention de proposer une taxe biblique aux consommateurs ni aux organisations religieuses », poursuit Schoenwald, cité par l’Associated Press.


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La liberté de culte mise en danger par les taxes ?

L’association des éditeurs chrétiens, Evangelical Christian Publishers Association, en a rajouté une couche dans un communiqué : c’est tout le ministère qui serait frappé, et incapable de distribuer des bibles aux bons chrétiens du sol américain, si cette situation perdure. « Certains pensent qu’un pareil tarif entrainerait une limitation dans la liberté de culte », indique l’ECPA. Et on ne plaisante pas avec la liberté, liée au sacrosaint premier amendement de la Constitution des États-Unis…

On entend d’ailleurs poindre sur la toile, ici ou là, quelques relents nauséabonds de haines exprimées à l’égard de l’islam, qui profiterait de ce conflit économique. 

Pour Biblica, Société biblique internationale, et organisation religieuse à but non lucratif, la Chine représente 72 % des investissements du groupe dans l’édition de la Bible. Geof Morin, son président, assure que l’organisme fournit des Bibles à des habitants de 55 pays. Cette hausse des tarifs impacterait fortement la diffusion de la Sainte Parole — une sorte de Mauvaise Nouvelle, donc. 

Pour la petite anecdote, en 2000, un groupe d’entrepreneurs avait décidé de déverser deux millions de bibles en Chine, pour protéger les croyants de l’athéisme grimpant. Des versions pour adultes et enfants, sous le nom de code Bambou 1999, toutes de contrebande. 

On estime que 150 millions de bibles sont imprimées chaque année en Chine — HaperCollins en vendrait près de 20 millions. Si Washington et Beijing ont pour l’heure mis sur pause leur guerre commerciale, et repris les négociations, ce n’est qu’un petit temps gagné pour les éditeurs. Pour le moment…


Commentaires
Intéressant. Il faut profiter de ce temps de répit pour faire des provisions et mettre le pays dans la capacité (ou tout du moins l'être au maximum) de produire la Bible sur son propre sol.
Qu'est-ce que vient faire la bible là dedans..
cheeseles Usa ne savent comment reprendre la main sur le reste du monde.

Le terrorisme Us ne fait plus peur et leur sanction économique encore moins.

Bref game over a leur ordre mondial pédophile.
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