La guerre dessins, ou Tartuffe chez Facebook avec Adam et Eve

Clément Solym - 11.09.2012

Edition - International - Facebook - Adam et Eve - dessin


Le célèbre magazine littéraire américain, qui vient de longuement donner la parole à Philip Roth, décidé à se plaindre de Wikipedia, s'est fait black-bouler avec pertes et fracas de Facebook. En cause, des dessins montrant des femmes aux seins nus. Cachez-moi ce trait, qui n'est pas de mes amis...

 

 

 

 

Ce n'est pas la première fois que le réseau social s'en prend à des clichés ou des images qui seraient susceptibles d'entrer en violation de leur charte des bons usages puritains. C'est que les normes sur la nudité et le sexe, au travers de Facebook, sont particulièrement rigides, dans la petite société de Mark Zuckerberg. 

 

Ainsi, dernière victime en date, avant la prochaine, le New Yorker, qui avait publié sur sa page un dessin avec Adam et Eve, adossés à un mur, réalisé par Mick Stevens. Et, ô horreur, les mamelons d'Eve pointaient. 

 

C'est que dans les règles de sécurité de Facebook, la n°7 est velue

Vous ne publierez pas de contenu incitant à la haine ou à la violence, pornographique, ou contenant de la nudité ou de la violence gratuite.

 

Sauf que, si toute activité sexuelle explicite est interdite sur le réseau, quand bien même les parties génitales seraient dissimulées par X ou Y artifice, et qu'il est interdit d'afficher des seins de femmes, ceux des hommes sont autorisés. 

 

Et pour le coup, le dessin de Mick Stevens était raccord avec le dernier point, mais avec aucun des précédents. Résultat ? Un ostracisme dans les règles, avec page supprimée.

 

L'auteur de la caricature avait tenté de revenir sur son premier dessin, en proposant une version avec les deux personnages habillés. Mais, estimant que le croquis perdrait en humour, rapporte Robert Mankoff, le New Yorker préfère laisser tomber (voir son billet) .

 

Encore une fois, le réseau social, vexé de ses pertes financières et de sa lamentable et prétentieuse entrée en bourse, applique avec un discernement sauvage ses règles d'utilisation. 

 

Le progrès fait rage, répéterait Philippe Meyer...