« La guerre sans l'aimer », ni d'avoir de légitimité à s'y mêler

Clément Solym - 16.11.2011

Edition - Société - BHL - Alain Juppé - Nicolas Sarkozy


L'inénarrable BHL, bon client des médias « indiscutablement discutable », comme écrivait Bourdieu, continue de faire parler de lui après la chute du dictateur Khadafi en publiant un pavé sur son expérience libyenne. 

 

640 pages du « journal d'un écrivain au coeur du printemps libyen», «tenu du 23 février au 15 septembre 2011 », qui «s'est fait un devoir de rester au plus près des faits tel [qu'il] les a vécus».

 

L'ouvrage nous emmène au Flore parisien, dans un tête à tête de l'auteur avec Daniel Cohn-Bendit, à une conversation avec le ministre des Affaires étrangères au Raphael, puis Djerba et la montagne libyenne et des conversations avec le président de la République.

 

BHL est partout. De sa «romanquête» scandaleuse au Kosovo, en passant Jean-Baptiste Botul, l'Angola, le Sri Lanka, le Soudan, la Géorgie, Israël, BHL est partout. 



 

Pour la Libye, BHL a été contacté directement par Nicolas Sarkozy, dit-il, pour recevoir à Paris les opposants à Kadhafi. Le «philosophe», véritable homme d'affaires aux innombrables réseaux, saisit l'occasion et évince le ministre des Affaires étrangères en titre, Alain Juppé, qui menacera de démissionner en signe de protestation.

 

Sarkozy a gagné la guerre en Libye, BHL a aidé Sarkozy à gagner. Comme l'écrit le Canard Enchainé du 9 novembre dernier, « le couple restera uni jusqu'à la victoire, occupé à bâtir sa légende ». Et de citer la page 456 du livre, et ces propos de Nicolas Sarkozy : « Quand on aura gagné cette guerre, le monde verra que ç'aura été nous et les libyens, point barre », et sans Juppé.

 

BHL est partout, brillant intellectuel, présent jusque dans les pages de "ActuaLitté".