La honte qui aliénait Jonathan Franzen...

Clément Solym - 31.10.2010

Edition - Société - honte - franzen - sexe


Franzen, l'incontournable de la rentrée outre-Atlantique, celui que l'on s'arrache, sur les plateaux télé comme dans la presse. Jonathan a fait son grand retour au livre en automne 2010, il n'est pas prêt d'en repartir.

Pourtant, le silence de plomb qui s'est abattu sur sa production au cours des dix dernières années méritait une petite explication. Et si les sentiments les plus divers peuvent inviter à l'écriture, la honte n'est pas vraiment celui que l'on cite en premier lieu. Mais Jonathan ne fait vraiment rien comme tout le monde.

Avec Freedom, c'est un retour sur une mésaventure qui explique notamment son arrêt. « Je me suis retrouvé dans l'impasse, par honte. J'avais honte de presque tout ce que j'avais fait de ma vie personnelle au cours des quinze dernières années », explique-t-il. Une histoire de hontes multiples, d'inexpérience sexuelle, d'aventure amoureuse brève, d'un mariage et d'un divorce...

De quoi le bloquer sur la rédaction de son livre, et n'accumuler qu'une trentaine de pages en un an absolument inexploitable.

Il raconte également combien sa carrière a été bloquée par une histoire sentimentale désastreuse : pas vraiment étonnant alors qu'il lui ait fallu plus d'une décennie pour parvenir à écrire l'intégralité de son pavé.

C'est de sa mère, alors mourante, qu'est venue la rédemption, « l'un des derniers cadeaux qu'elle me fit : la recommandation implicite de ne pas trop s'inquiéter de ce qu'elle, ou quiconque d'autre, pouvait penser de moi ».

Sainte, sainte maman...